INDEFINISSABLE MYSTERE


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INDEFINISSABLE MYSTERE

A la tombée des reins, quand les tâches de manoeuvres méritent la rasade à dépoussiérer le sec, qu’il pleuve ou pas, j’ouvre l’enveloppe d’une condition rêvée.

Les plus gros cailloux juchés à grimpe-moi si t’oses se sont dressés au-dessus du défi des chevaliers de l’autoroute.

J’ai entendu le coq de bruyère sortir du dessous d’un buisson aromatique en déployant son parfum de l’éventail de sa queue. Plus loin des dindons pendaient du glouglou au-dessus du tastevin  comme si la vigne qui s’étirait à flanc de colline avait déjà tiré le pressoir aux pieds nus. Car comme elle me chatouillait la plante le moins que je puisse dire c’est que ce poème de Juillet était plus que prémonitoire. D’aucuns n’auraient pas hésité à nommer ça une publications de bans.

Etrange comme il n’y a pas de distance infranchissable. La notion de tant est insaisissable. L’amour est plus métaphysique que la plus grande des marieuses. Le soir il arrive qu’il dise debout c’est l’heur.

Niala-Loisobleu – 14 Mai 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 39 / COULE L’EAU


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 39

COULE L’EAU

Chevilles en gargouilles

Au bord du quai

Les ongles d’une nuit griffent

Les pas qui vont de travers

L’Ile St-Louis cherche où asseoir son chêne

Il n’y a plus d’espace vers la justice

La Conciergerie est dans l’escalier

Les affaires renvoyées en poste restante

Un chat maigre surveille la souris de l’ordinateur

Les yeux enfoncés dans un famélique festin

D’un délire d’affamé

Quand la Seine partit un certain matin du Plateau de Langres

Est-il possible qu’elle ait pu imaginer les peines

Qu’il lui faudrait supporter avant de gagner son Hâvre

J’en doute

Quoique les méandres m’interpellent

Ne sont-ce pas des spasmes

Des ruades

Des j’irais pas plus loin

Si elle a eu des prémonitions

Jehanne mise à part

Mais roue en dedans

Peut-être qu’elle a vu la première

Le mal de France

Sous ses formes géopoliticophysiques

Batelières

Ou maritimes

Quelle drôle d’idée d’avoir donné ce nom là à un transatlantique

Surtout quand on flotte de travers

Qu’on prend l’eau à la première goutte

Alors j’te dis pas quand la tempête arrive

J’ai gardé la verdeur de la mousse des bords de quai

Mes fesses en sont tatouées à jamais

Louis , mon père

M’y a appris à lire l’homme

Rhune pas piqué des foins

C’est fou comme un bon maître est un pont insubmersible

On a été quelques uns à cette école là

Nos fronts en gardent les craies

Coule l’eau

Coule la vie

 

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2011

 

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MARCHE A L’AMOUR


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Où que je sois, j’ai cette Marche à l’Amour en portrait de Toi, ma Muse.

Elle accompagne mes escapades au bleu de toutes mes couleurs, se fait arbres flottés pour un pilotis à cabane, où notre lit vogue. Elle a de l’oiseau le libertaire parcours, du fauve les ô d’heurs, du cheval la force d’airain.

Aquatique vol intersidéral ce poème est tout ce que je pense et ne peux que te chanter.

Merci Gaston Miron

N-L – 07/05/18

 

MARCHE A L’AMOUR

Tu as les yeux pers des champs de rosées tu as des yeux d’aventure et d’années-lumière la douceur du fond des brises au mois de mai dans les accompagnements de ma vie en friche
avec cette chaleur d’oiseau à ton corps craintif moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches moi je fonce à vive allure et entêté d’avenir la tête en bas comme un
bison dans son destin la blancheur des nénuphars s’élève jusqu’à ton cou pour la conjuration de mes manitous maléfiques moi qui ai des yeux où ciel et mer
s’influencent pour la réverbération de ta mort lointaine avec cette tache errante de chevreuil que tu as

tu viendras tout ensoleillée d’existence

la bouche envahie par la fraîcheur des herbes

le corps mûri par les jardins oubliés

où tes seins sont devenus des envoûtements

tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras

où tu changes comme les saisons

je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine

à bout de misères et à bout de démesures

je veux te faire aimer la vie notre vie

t’aimer fou de racines à feuilles et grave

de jour en jour à travers nuits et gués

de moellons nos vertus silencieuses

je finirai bien par te rencontrer quelque part

bon dieu !

et contre tout ce qui me rend absent et douloureux

par le mince regard qui me reste au fond du froid

j’affirme ô mon amour que tu existes

je corrige notre vie

nous n’irons plus mourir de langueur à des milles de distance dans nos rêves bourrasques des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres les épaules
baignées de vols de mouettes non

j’irai te chercher nous vivrons sur la terre la détresse n’est pas incurable qui fait de moi une épave de dérision, un ballon d’indécence un pitre aux larmes
d’étincelles et de lésions profondes frappe l’air et le feu de mes soifs coule-moi dans tes mains de ciel de soie la tête la première pour ne plus revenir si ce n’est pour
remonter debout à ton flanc nouveau venu de l’amour du monde constelle-moi de ton corps de voie lactée même si j’ai fait de ma vie dans un plongeon une sorte de marais, une
espèce de rage noire si je fus cabotin, concasseur de désespoir j’ai quand même idée farouche de t’aimer pour ta pureté de t’aimer pour une tendresse que je n’ai pas
connue

dans les giboulées d’étoiles de mon ciel

l’éclair s’épanouit dans ma chair

je passe les poings durs au vent

j’ai un cœur de mille chevaux-vapeur

j’ai un cœur comme la flamme d’une chandelle

toi tu as la tête d’abîme douce n’est-ce pas la nuit de saule dans tes cheveux un visage enneigé de hasards et de fruits un regard entretenu de sources cachées et mille
chants d’insectes dans tes veines et mille pluies de pétales dans tes caresses

tu es mon amour

ma clameur mon bramement

tu es mon amour ma ceinture fléchée d’univers

ma danse carrée des quatre coins d’horizon

le rouet des écheveaux de mon espoir

tu es ma réconciliation batailleuse

mon murmure de jours à mes cils d’abeille

mon eau bleue de fenêtre

dans les hauts vols de buildings

mon amour

de fontaines de haies de ronds-points de fleurs

tu es ma chance ouverte et mon encerclement

à cause de toi

mon courage est un sapin toujours vert

et j’ai du chiendent d’achigan plein l’âme

tu es belle de tout l’avenir épargné

d’une frêle beauté soleilleuse contre l’ombre

ouvre-moi tes bras que j’entre au port

et mon corps d’amoureux viendra rouler

sur les talus du mont
Royal

orignal, quand tu brames orignal

coule-moi dans ta palinte osseuse

fais-moi passer tout cabré tout empanaché

dans ton appel et ta détermination

Montréal est grand comme un désordre universel tu es assise quelque part avec l’ombre et ton cœur ton regard vient luire sur le sommeil des colombes fille dont le visage est ma
route aux réverbères

quand je plonge dans les nuits de sources

si jamais je te rencontre fille

après les femmes de la soif glacée

je pleurerai te consolerai

de tes jours sans pluies et sans quenouilles

des circonstances de l’amour dénoué

j’allumerai chez toi les phares de la douceur

nous nous reposerons dans la lumière

de toutes les mers en fleurs de manne

puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang

tu seras heureuse fille heureuse

d’être la femme que tu es dans mes bras

le monde entier sera changé en toi et moi

la marche à l’amour s’ébruite en un voilier de pas voletant par les lacs de portage mes absolus poings ah violence de délices et d’aval

j’aime

que j’aime

que tu t’avances

ma ravie frileuse aux pieds nus sur les frimas de l’aube par ce temps profus d’épilobes en beauté sur ces grèves où l’été

pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs lorsque nous gisons
fleurant la lumière incendiée et qu’en tangage de moisson ourlée de brises je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale je roule en toi

tous les saguenays d’eau noire de ma vie je fais naître en toi les frénésies de frayères au fond du cœur d’outaouais

puis le cri de l’engoulevent vient s’abattre dans ta gorj

terre meuble de l’amour ton corps

se soulève en tiges pêle-mêle

je suis au centre du monde tel qu’il gronde en moi

avec la rumeur de mon âme dans tous les coins

je vais jusqu’au bout des comètes de mon sang

haletant

harcelé de néant

et dynamité de petites apocalypses

les deux mains dans les furies dans les féeries

ô mains

ô poings

comme des cogneurs de folles tendresses

mais que tu m’aimes et si tu m’aimes

s’exhalera le froid natal de mes poumons

le sang tournera ô grand cirque

je sais que tout amour

sera retourné comme un jardin détruit

qu’importe je serai toujours si je suis seul

cet homme de lisière à bramer ton nom

eperdument malheureux parmi les pluies de trèfles

mon amour ô ma plainte

de merle-chat dans la nuit buissonneuse

ô fou feu froid de la neige

beau sexe léger ô ma neige

mon amour d’éclairs lapidée

morte

dans le froid des plus lointaines flammes

puis les années m’emportent sens dessus dessous je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau des voix murmurent les récits de ton domaine à part moi je me parle que
vais-je devenir dans ma force fracassée ma force noire du bout de mes montagnes

pour te voir à jamais je déporte mon regard

je me tiens aux écoutes des sirènes

dans la longue nuit effilée du clocher de
Saintjacques

et parmi ces bouts de temps qui halètent

me voici de nouveau campé dans ta légende

tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges

les chevaux de bois de tes rires

tes yeux de paille et d’or

seront toujours au fond de mon cœur

et ils traverseront les siècles

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi

lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme

je marche à toi, je titube à toi, je bois

à la gourde vide du sens de la vie

à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud

à ces taloches de vent sans queue et sans tête

je n’ai plus de visage pour l’amour

je n’ai plus de visage pour rien de rien

parfois je m’assois par pitié de moi

j’ouvre mes bras à la croix des sommeils

mon corps est un dernier réseau de tics amoureux

avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus

je n’attends pas à demain je t’attends

je n’attends pas la fin du monde je t’attends

dégagé de la fausse auréole de ma vie.

 

AUTREMENT


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 AUTREMENT

 

A l’aube, les yeux dans l’éboulis, le rai force
levier qui voit bien les cercles concentriques de l’épervier
il glisse à passer, en appui sur un minuscule caillou pour point de levage.

Le vent a sorti ses sorcières
un immense charivari claquemure, déracine et envoie les volets au rabat
corps à corps de l’allumage avec le coupe-circuit

Autrement ce qui oui fait non
l’ouverture tourne au double-tour
Autrement le soleil tombe à seaux
Autrement le baiser mord
Autrement l’arbre dressé s’abat de tout son long sur la voix
au tressauté de sanglots le sol déchire la clef de l’apporté

Et au bout d’une tuile romane l’arrondi se raidit à briser l’arêtier
un déversoir perforé de balles noie le chien dans le bond de son jeu
la marche-en-avant dévisse, désencordée de l’ascension
l’à-pic arrête le truc à plumes en haut du grand escalier

Autrement dit
Autrement fait
Le même geste a changé de sémaphore
Le même mot prend l’accent du tant qui fait

Autrement
assis sur le tapis
la main sur la manivelle
bleue
fait chanter la montée du chevalet
ô rangé
il était une foi les couleurs complémentaires…

 

En réponse: https://lireditelle.wordpress.com/

 

Niala-Loisobleu – 2 Mai 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 38 – LA VRAIE COULEUR DU ROSE EST-ELLE FANEE ?


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 38 –

LA VRAIE COULEUR DU ROSE EST-ELLE FANEE ?

Amniotique croisière

spéléologique randonnée

Lascaux genèse ses tisons

pour bruler l’angoisse de vivre

La main boussole en se cognant au ciel éteint

le pied butte

dans la motte prise aux ongles

l’ocre mâche une intestine encre à dire

les vibrations sorties du feu enfoui épèlent la lumière

en tordant le ventre d’un noeud d’aime

Vers où vais-je ?

Je te reconnais caillou à aiguiser

Qui es-tu toi rose plafond bas ?

Je rampe

aux lianes du rai qui sourd par la fissure tellurique

Et ce bruit qui marche en faisant trembler l’ombre projetée

animal à dévorer l’espace

j’ai froid

un feu glacé couche à terre

il faut que le pigment efface les rugissants

repousser le néant jusqu’au bord de l’encrier

pour que des yeux les larmes ouvrent les voies d’eau

d’une forme oblongue refermée en bulle

où un cordon se déploie en liaison avec le mystère de la création

A la verticale

les ailes déploient les pierres des oiseaux libres

un lampion déplisse dans le noir

rose accordéon goualant le premier cri

des colibris blancs

Niala-Loisobleu

16 Janvier 2016

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