Je garderais tes cris de bête en marque-page


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Je garderais tes cris de bête

en marque-page

Un temps pourri, il pleut…

bergère viens on va se carrer sous le toi-émoi, pour roucouler en l’absence de pigeons sur l’appui de nos fenêtres, enfin je parle de ceux qui ont des plumes, pas de ceux qui sont plumés. Bien sûr la fenêtre n’était qu’une boutade, puisque sous les souches de cheminées où je crèche, un vasistas en fait office. Pas de géraniums, ni d’eau courante, le point de ravitaillement est au bout du couloir. Comme ça on ignore tout de la trahison du bain-douche qui vous vole les odeurs avant qu’on les aient mises à chauffer. Une cuvette et son broc, plus un pot, c’est déjà le progrès. Les draps sont à toucher la pente du plafond au pied du lit. Quant à la tête on peut sans danger s’aimer en levrette, façon cynodrome (l’avantage d’un temps de con, qui donne une activité permanente aux courses). Le premier matin on a pas vu passer la journée. Pas une fois l’une de nos bouches n’a réclamé à manger autre chose que nos fruits. A part la revue digitale et buccale des anatomies, on n’a pas pensé à se sustenter autrement que montés sur l’arbre . T’es calorique, j’te dis pas, à voir comment tu chauffes la barre, forger devient un art à pratiquer pour le bon heur du faire à ch’val ! A plus de la cinquième montée d’étages on ne soufflait pas comme des malades. Frais comme des gardons tes mamelons en arrivaient à réclamer les dents jusqu’au noyau. Faut dire que t’as le verger qui rend à défier l’espérance immodeste. Derrière le poil c’est plus pulpeux que le vain et l’histoire du petit-jésus qui vous descend dans la gorge. Quand à la courbure de ton membre porteur, l’escalader pour finir par avaler le gros orteil, c’est varappe, varappe en cordée.

Niala-Loisobleu – 20/01/18

C’est ainsi que je te voulais
sur le grand lit écartelée
et toute pudeur en allée

Je t’ai connue tulipe close
puis un vent noir nous emporta
vers de pourpres jardins aux roses
où tu naquis entre des draps

Souveraine et impénitente
nue mais plus nue de le savoir
pour les solennelles ententes
de nos nuits comme des mouroirs

C’est ainsi que je t’ai volée
sur le grand lit écartelée
et toute pudeur en allée

Pine et con sont souverains de la nuit. 
Majestés lubriques régnant sous la même couronne d’anthracite étincelant. 
La nuit est constellée non pas d’étoiles cristallines, mais de gouttes de foutre acérées.
 Paillettes coagulées au firmament noir d’un cosmos testiculaire.
 La nuit flambe en silence.
 Dans la rue quelques passants, femmes et hommes, qui cherchent, qui hument le sexe. 
S’avancent à pas lents dans la rigole gluante de l’abattoir, leurs semelles grasses de sang.
 Le sexe est le plus étrange apanage de la création. Hallucinant parce qu’il coule directement de la pensée.

Louis Calaferte

Chevalier-Servant


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Chevalier-Servant

 

Au centre, un pont c’est tout

comme ça bouge

a pas peur

on vit sans reproches

Je ne suis pas retourné en arrière. Quand bien même je l’aurai voulu, tu es devant partout. Ta jungle, tes bruissements de feuilles, tout s’est fait animal. Tu serais louve, que ton odeur de mer t’aurais faite lionne en plus d’autres affinités. Tellement tu es féline d’un bout à l’autre de ton anatomi, j’ai la pointe aux moustaches. Dans tes nageoires, quand tu y vas des ouïes ça bulle un max au-dessous de ton nombril, que dans  tes retournements con vulsif, je m’accroche. La maison de Loti m’héberge  dans mes envies exotiques. Mon doigt te suit à la ligne, un après l’autre quand le plafond t’attrape dans son miroir par la porte principale. Elle est grande ouverte, je peux voir à travers les broussailles sauvages qui la borde, ta claire à coquillage. Que de coussins en tenant les fruits  à même le sol, gardent  en pulpe la moiteur tropicale de la forêt où on s’aventure  à la découverte du dit amant vert. Tes seins ont crié au loup au moment où tu les a laissé rouler dans la cascade . Au point que ton dos n’a pu maintenir sa croupe dans le cadre des hanches. Parlons-en de celles-ci, elles me soufflent dans la clarinette à bout de chant. Aussi ne fais pas semblant de serrer les genoux. Dis à tes lèvres intimes de s’arrêter de siffloter. Le nounours et moi, on sait tes talents de ventriloque, inutile d’accabler des innocents. Les pirogues se sont approchées quand le livre de Nin est tombé de l’étagère de ton chevet. Tes sous-vêtements ont servis de sels odorants dans la préparation de la baignoire. Il me reste bien assez d’ongles pour allumer tes vertèbres, n’aies crainte, le désir que tu m’inspires,  sera le vivant que je veux pas emporter de toi en photo..

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2018

 

Ma Boule au Plafond


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Ma Boule au Plafond

 

Entre le jour qui s’allume et la nuit pas éteinte

la lumière glissée dans ton regard voulu proche

vient de libérer la chaleur particulière qui gîte en ta pierre retenue de dire

Je sens son pouls battant sa cadence à la cuisse de ma poche

pendant que ta rousseur aurorale libère le souffle du parfum de ta rivière

Elle montre mieux les secrets de la géographie de ton corps que la nuisette ne les cache

cette odeur qui femelle ses sels pour premier bain

laissant pressentir la ligne de vie en continu de mes mains

A la manière dont nos langues en se fondant serrent leur noeud coulant

que je sois pendu si je mens

 

Niala-Loisobleu – 23 Décembre 2017

 

Illustration: Les danseurs – Fernando Botero

Ce qui ne se Dit Pas


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Ce qui ne se Dit Pas

 La nuit cambrée de tes folies

Le jardin clos de nos je t’aime
Une tiédeur où je me plie
Et… Tout ce qui ne se dit pas

Ta lèvre au vert d’où j’émigre
A l’autre bout de tes pensées
Nos pôles au sud en tête à tête
A l’indécence des idées

Ta symphonie qui me rappelle
L’autre rivage sous ta voix
A mes délires à tes pluriels
Dans un voyage au long de toi

Ton souffle tendre où je m’enlise
L’aigre douceur dont tu te pares
Lorsque ton vin m’italianise
Quand tout s’allume sous ton fard

Ton alphabet quand tu m’emmènes
Les mots mouillés qui m’acheminent
Au temple chaud de nos haleines
Au figuré comme une rime

Mon Alpe blanche
Mon altitude
Où je me penche à l’infini…
Au point virgule de tes hanches
Ta vérité comme l’on dit

Des mots voyants de ta lumière
Qui ne sont pas au dictionnaire
Et… Tout ce qui ne se dit pas

****

Et à ton rouge sidéral
Ses profondeurs où tu te mires
Ta barque aux flaques hormonales
Où sombrent au soir les délires

Outre le rêve qui t’incarne
A cette épreuve qui s’immisce
A ton berceau teinté d’arcanne*
La fleur au secret d’un calice

Ce rouge au blanc qui va croissant
Croissant de roux de lune en lune
Aux sources rares au ras des sangs
La corde au mât de ta lagune

Teintée de l’onde où va dormant
Comme un péché sous la dentelle
Aux soirées froides où va longtemps
Une habitude mensuelle

Vingt ans déjà riche de rose
Ce jour aux jours à l’amertume
Le temps de nos métamorphoses
Comme l’époque se consume

De fille en femme
Dans tes carnets
D’orbes infâmes lassée livide
L’ex jeunesse médicinée …
A ses effets d’éphéméride

Et… Tout ce qui ne se dit pas

Mes yeux cachés comme une ride
Qui ne regardent plus que toi

*Arcanne avec 2 « N » : Poudre de traçage de couleur rouge

Jacques Gourvennec (Extrait de Poète sale type)

Un chien lèche


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Un chien lèche

Bain des toiles

Ce champ qui monte

Brut de tissage

 

Ô Femme quittée de tout âge

 

Les chemises à fleurs de peau

Déboulonnent la retenue du tango

Subrepticement défaite à la main

 

L’accord de chevalet

Glisse dans le quartier des tissus

 

Feulement rauque

Comme cette voix fauve

 

Boisée à l’orée de ton ventre-guitare

Où mes doigts épongent  de ses fourrés

La larme du parquet

 

Niala-Loisobleu – 13 Novembre 2017

 

 

VERT


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VERT

Quelle mer la baigne d’étoiles

toujours si verte à l’arête

Du coquillage qui nacre

baille-là belle vert de claire

Ce qui gonfle ta poitrine de fruits lourds

nourrit mes deux mains vers

Non ton triangle ne Bermudes

il est d’un verre grossissant

La lanterne de ta bouée décline en  vers

sonnet à tirer un bord allumé après l’autre

Niala-Loisobleu – 12 Novembre 2017