VIE PRIVEE 39 –  JE SUIS INCOMPATIBLE


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VIE PRIVEE 39 –  JE SUIS INCOMPATIBLE

Moins d’un an est passé depuis le 38 de ma Vie Privée, c’était le 18 Juin 2017. Jour d’Appel. N’empêche qu’à un jour près du n’importe lequel où tu reviens dans ton existence, en pas une heure tu peux la voir se retourner. Monsieur de La Pallice 1 minute encore avant de mourir il était vivant…

Il y a un an j’errais dans mon échec électoral, le Macron avait gagné, bien que cela ce soit fait sans surprise, de le savoir au pouvoir j’en trouvais plus l’endroit où poser mes pieds. Rien depuis n’est venu me contredire, je m’étais pas trompé. Personne n’y comprendra quelque chose, mais de pas me tromper en fait ça ne m’arrive jamais – dit sans prétention – sauf sur moi-même où régulièrement je me plante. Il y a toujours l’amour qui soulève et qui crac, boum, pu, me pète à la gueule un beau matin, comme on raccroche d’un coup sec au prétexte d’un reproche. J’ai la vue basse sur ce que je dois réellement être. Au vu de ce que je récolte c’est manifeste, disant toujours que ce qui aime donne et ce qui n’aime pas demande. J’ai rien d’mandé…Mais pas de doute aujourd’hui comme avant, ce que j’ai donné c’était pas ce qu’on attendait de moi. Je suis le salaud qui s’ignore. Je vais pas faire de procès. C’est fini, ça m’a coûté 3 fils, je suis pas partant pour aller au devant d’une nouvelle défaite. Il me reste à analyser mon concept de la poésie. Il ne me reste qu’elle. Je dis depuis longtemps, surtout quand je clame l’hypocrisie de langage et de comportement de ce monde que seule elle pourra sauver le monde. Le doute m’assaille. Si on triche avec elle comme avec le quotidien ? Où est l’espoir ? Je suis carré, donc incompatible avec ce monde. Tout le problème se trouve là et pas ailleurs. J’ai eu tort de lasser paraître la série noire qui me colle aux basques. Seulement, rompu à aider les autres à sortir des leurs, je sais trop bien qu’en parler est le seul moyen de l’évacuer. Surtout quand on n’en gémis pas. Alors si le crabe et la cabane dérangent ça n’a pas été volontaire, mais ne regrette rien. Au fond moi je me sens propre.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2018

 

 

APRES MA MORT


APRES MA MORT

Henri Michaux

 

Je fus transporté après ma mort, je fus transporté non dans un lieu confiné, mais dans l’immensité du vide éthérique.
Loin de me laisser abattre par cette immense ouverture en tous sens à perte de vue, en ciel étoile, je me rassemblai et rassemblai tout ce que j’avais été, et ce que j’avais
été sur le point d’être, et enfin tout ce que au calendrier secret de moi-même, je m’étais proposé de devenir et serrant le tout, mes qualités aussi, enfin
mes vices, dernier rempart, je m’en fis caparace.

Sur ce noyau, animé de colère, mais d’une colère nette, que le sang n’appuyait plus, froide et intégrale, je me mis à faire le hérisson, dans une suprême
défense, dans un dernier refus.

Alors, le vide, les larves du vide qui déjà poussaient tentaculairement vers moi leurs poches molles, me menaçant de l’abjecte endosmose, les larves étonnées après
quelques vaines tentatives contre la proie qui refusait de se rendre, reculèrent embarrassées, et se dérobèrent à ma vue, abandonnant à la vie celui qui la
méritait tellement.

Désormais libre de ce côté, j’usai de ma puissance du moment, de l’exaltation de la victoire inespérée, pour peser vers la
Terre et repénétrai mon corps immobile, que les draps et la laine avaient heureusement empêché de se refroidir.

Avec surprise, après ce mien effort dépassant celui des géants, avec surprise et joie mêlée de déception je rentrai dans les horizons étroits et fermés
où la vie humaine pour être ce qu’elle est, doit se passer.

Henri Michaux

Côtes de Grave ou Entre deux mères ?


Côtes de Grave ou Entre deux mères ?

Au moment du nez qui gratte au pied, vas savoir si le géranium qui pousse en avant est mu par une pulsion libidineusement libertaire sur la fenêtre ou sèchent les petites culottes de la jardinière ?

On en était à disserter sur la sexualité des genres en général quand j’entrais dans mon bol l’émission de Radio-Catalunia du mâtin, en pleine promotion d’une marque de capotes en glaise qui auraient provoqué un incendie de forêt dans la marne.

Récurrente question que celle de l’indépendance. Pour l’union en particulier. Qui en prônant le mariage offre de fantastiques avantages fiscaux aux avocats spécialisés en affaires de divorce qui voudraient s’installer en Europe. La cohésion quand ça se met dans les parties, ça peut te les faire toutes bleues,et crois-moi ça fait mal. Que tu peux plus rien asseoir qui tienne debout.

Pierre Dac soulevant sa pierre tombale, me tendit une page de l’Os à Moelle…

Si le fa dièse devenait si bémol

Ce serait
tout simplement
terrifiant,
car pareil
bouleversement
réduirait
à néant
les traditions
et les conquêtes
de l’harmonie
universelle
et préétablie…
………………………………………….
Heureusement
il n’en est pas question ;
d’après nos renseignements
le fa dièse
n’a nulle intention
révolutionnaire,
et le si bémol,
content de son sort,
estime
que par les temps qui courent
mieux vaut demeurer
un bon petit modeste bémol
que de tenter le risque
de devenir
un présomptueux dièse.
………………………………………….
Ainsi donc
pareille éventualité
n’étant pas à envisager
chacun de nous
peut tranquillement
dormir
sur ses deux oreilles
ou sur celles de son voisin
si les siennes
sont indisponibles.

N° 83 – Vendredi 8 décembre 1939
p.959

Hélas nous ne vivons plus du tout dans le sens de l’humour. L’absurde fait notre seule et unique ambition. Dans les jours qui viennent on va trouver un nouveau mobile de haine. Le fascisme  est en passe de profiter de la crise de conscience universelle. Il n’y a plus qu’un pas pour rejouer la Guerre d’Espagne.

Pauvres de vous…

Niala-Loisobleu – 2 Octobre 2017

 

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Je suis sur le do pendant qu’il reste du vers dans le pré


Je suis sur le do pendant qu’il reste du vers dans le pré

Ainsi chante l’enfant qui est en moi depuis des années

oh si lucide

que ça échappe à plus d’un

Mais échapper au banc du galérien

n’est-ce pas nager libre ?

En tout cas c’est pas barboter

(au sens propre comme au sale)

Il y des crotales dans les escaliers des villes

comme des ailés fans dans la roseraie

mais des oiseaux qui nichent pour peindre bleu c’est plus rare

Quel foutu bazar que ce souk

où on peut même pas marchander la contrainte

Mais à tout prendre

je me sens moi d’être petit

je vois le monde tel qu’il hait

voilà qui me donne une raison majeure

d’aimer

Niala-Loisobleu – 21 Septembre 2017

 

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Suzanne Valadon

L’Air


L’Air

par Jacques Dupin
 
 

Le corps et la rêverie de la dame
Pour qui tournoyaient les marteaux,
Se perdent ensemble et reviennent,
Ne rapportant de la nuée
Que les guenilles de la foudre
Avec la future rosée.

 

L’Expérience mon Petit, l’Expérience…. Ah que me l’a-t’on dit…et pourquoi ? Ma foi jamais ô grand jamais de tous mes coups foireux celui qui se prend vraiment comme unique est bien celui de cette année. Au point que les garde-fous sont à revoir au sens dimensionnels afin d’éviter la nullité de sauvegarde. Ouah, la tartufferie… là elle dépasse les prévisions les plus pessimistes…

Mais quoi demeure quoi ?

Qui reste qui ?

Le vieux train à la fumée théâtrale, nostalgie, mais rien qui garde le mouchoir en dehors de l’escarbille. Je pleure, oui, mais affligé des coups par derrière. Je marche pas au bouche-trou, simplement, très simplement au besoin.

Tricheurs de tous pays, faut que je vous vomisse et vous laisse à vos comédies. Petits, tous petits, petits. Allez de l’air !

Niala-Loisobleu – 27 Août 2017

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A cheval de semailles


A cheval de semailles

D’île en île,

j’ai navigué guidé par le vent d’une seule volonté: que les côtes n’aient d’autre visage que celui du large

Tempête en encolure

les poils de mes crinières ont blanchi aux écumes ourlant les rivages

de tous bois de flottage

entre selle et sel d’une trouée bleue dans les nuages

 

mes pores suent des rancoeurs d’accordéons qui ont le tort de visser les pas du tango au plancher du radeau, un mirage en traversée sous les tournoiements d’une boule dans la gorge

On peut aimer la fumée des escales dans l’écart des cuisses de la brume sans que l’Île au Trésor en sorte comme de l’absoute du confessional

Les couleurs du tant galopent sur la crête des canopées en suivant le mouvement des ailes des perroquets, des tape-culs et des misaines toutes voiles hissées gonflées du vent des chemins de liberté écrits au burin à l’encre des pierres

Niala-Loisobleu – 23 Août 2017

 

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