INDEFINISSABLE MYSTERE


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INDEFINISSABLE MYSTERE

A la tombée des reins, quand les tâches de manoeuvres méritent la rasade à dépoussiérer le sec, qu’il pleuve ou pas, j’ouvre l’enveloppe d’une condition rêvée.

Les plus gros cailloux juchés à grimpe-moi si t’oses se sont dressés au-dessus du défi des chevaliers de l’autoroute.

J’ai entendu le coq de bruyère sortir du dessous d’un buisson aromatique en déployant son parfum de l’éventail de sa queue. Plus loin des dindons pendaient du glouglou au-dessus du tastevin  comme si la vigne qui s’étirait à flanc de colline avait déjà tiré le pressoir aux pieds nus. Car comme elle me chatouillait la plante le moins que je puisse dire c’est que ce poème de Juillet était plus que prémonitoire. D’aucuns n’auraient pas hésité à nommer ça une publications de bans.

Etrange comme il n’y a pas de distance infranchissable. La notion de tant est insaisissable. L’amour est plus métaphysique que la plus grande des marieuses. Le soir il arrive qu’il dise debout c’est l’heur.

Niala-Loisobleu – 14 Mai 2018

CHUTE SUR LES BORDS DU TEMPS


CHUTE SUR LES BORDS DU TEMPS

L’oiseau du jour a dévoré les horizons, les horizons qu’on a cousus avec des fils d’azur et de beau temps, d’aveux et de prisons.

Sur le nez d’une ville,

la tête cachée sous un cercle d’aiguilles d’or

– est-ce pour clouer sous le charme de son plumage

le secret multicolore des paysages ! —

il gonfle son ventre de nostalgie.

Qu’il était doux de rire du sort

ainsi qu’un homme dont le vin a bu le crâne

en se baignant dans les seins voilés d’écume

Va-t-il rouler au pied du temps

l’oiseau du jour, l’oiseau tout velu de couleurs

l’oiseau prodigue comme le printemps !

Il glisse ses paupières

comme pour fermer à son regret toute sortie.

Quelques minutes ont coupé de l’arbre son cœur : il doit rouler le long des pentes.

Son sang d’aigle vaincu, son sang noir,

a coulé sur la terre

comme les bouches muettes de la mort sur les cimetières.

 

Lucien Becker

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 Quelques pas, oh à peine moins d’une botte, le frémissement était palpable, A la manière de se hâter on voyait que les fourmis étaient en grand nettoyage de printemps. La chambre, fenêtre ouverte, avait la ruelle palpitante contre un clos pour mûrir les baisers sur la claie des seins. Le tronc sur la console des cuisses s’étant débarrassé de la franc-comtoise, ce qui balançait était loin d’hésiter. Les draps en sentant le changement d’horaire avaient une odeur de fumée d’entrain. Longue histoire, l’oiseau descendit de sa branche, transpercé d’émotion. Titubant sous le coup, il posa son pinceau, sans lâcher la phrase qu’il peignait, allant même jusqu’à s’y mettre en parenthèse. L’air sans devenir étouffant perdant de son soutien, le feutré du billard laissa le bleu à boules venir à la rescousse. Juste un bruit de projecteur et le rayon de l’image, la vie en arrière se projetait sur le mur. Ronde de femmes, formes Braque, pensée Demoiselles d’Avignon, les hautes-pierres des carrières des Baux bougeaient sous les mouvements d’Orphée. Poésie en aigu, l’ombre en combat avec la lumière. Trier et mettre cartes sur tables. Remonter la hausse, le viseur cligne de l’oeil, regarde que la cible. L’aigreur est dans les inévitables erreurs du labyrinthe. Cette femme pourquoi est-elle disproportionnée de taille, celles-ci en deviennent naines, quoique arrivant à dépasser les hommes qui détonnent dans le parcours. Un pincement remonte de l’aine jusqu’à la saignée du cou. Quelle douleur. Une histoire inordinaire traverse le commun. Séisme dans la chambre des endormis ? Non cycle rénovateur, on remet le train fantôme dans le tunnel et on casse le tartre dans la rivière. Un cheval hennit, la croisade s’amuse avec un enregistrement d’une illumination de gardienne de moutons. La transparence en découvrant la partie intime écarte la faiseuse d’anges, il y aura naissance sans interruption du Mickey.
Niala-Loisobleu – 25 Mars 2018

ENTRAIN CORAIL


 

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ENTRAIN CORAIL

Juste ciel accorde

ton archet aux couleurs du Temps

un peu de musique de trottoir en bonnet dans ses oreilles

remettrait assez de roulement dans les billes de ma marelle

Mon carré de craie s’attache aux doigts des falaises dans une image d’Etretat

Monet-Monet

on dirait la guitare d’une étape de St-Jacques par la porte basse d’un autre trip

comme quand il y avait des couloirs aux grandes lignes des voyages de noces à Venise

et des couchettes dans les trains de marchandises

Toi émoi au coeur d’une meule en fils de soupe à l’oignon…

 

Niala-Loisobleu – 31/01/18

 

 

Isthme à ailes Prophétie


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Isthme à ailes Prophétie

Aux cris d’une longue écharpe d’oiseaux blancs, le bleu de la mer se fit plus pressant. Je crois que d’aller précéder la larme, lui a donné cette virginité que seul le large possède. Elles se balançaient de leurs rondeurs multicolores les balises du cap. Seule Niki de Saint Phalle pouvait les avoir sorti du noir de l’incommunicabilité. La tête au feuillage, les pieds dans la racine, en matière de safran tu ne peux pas espérer mieux. Ce bois qui fait le flotté, imagine-le d’un zest de mangrove et d’une pointe de corail, tu pourras alors toucher une autre approche du mystère. La dérive des incontables nous a donné la frigidité des veillées. La chanson de geste amputée des troubadours  se mit en quête de l’autre courtoisie. Roulée d’estran la mousse légère se fit écume. L’ astérie sortit de la nuit des myriades de consonnes et de voyelles en phrases musicales. Un conteur au piano, le grand pavois s’allume, les jupes remontent et les corps tanguent. Sur le né d’un phoque pas de balle, sur le ban pas d’home non plus. Il reste la substance, elle sait le bon emploi de la rareté.

Niala-Loisobleu – 17 Novembre 2017

 

 

Je suis un trou de pigeonnier dans le mur de la Vie


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Je suis un trou de pigeonnier

dans le mur de la Vie

 

Bordant la côte et sans amarre, regarder derrière sa carte entre ciel et mer pour comprendre où continuer. L’émotion tient la plus large part. Croisant les regards avec les mots que les tableaux ont fait sortir des murs.

Rien à dire, tout à porter. Ensemencé du grain venu de loin, de tout près, d’ailleurs, pour lever au m’aime endroit.

Le premier tableau tire un si long train d’oeuvres, qu’aucune force motrice autre que l’Amour n’aurait pu le faire avancer à travers des chants, des cris, des sourires et des larmes à la jetée des estrans.

Les premiers visiteurs. On se revoit de si loin, vivants au-dessus d’un moment mis en consigne. Comme de près, neuf, nouveau mais sans question se demandant d’où il vient.

L’Homme n’est que le vivant de ce qu’il préserve en lui, une peinture à venir, en attente dans un univers en sommeil.  Je suis un trou de pigeonnier dans le mur de la vie.

Niala-Loisobleu – 5 Novembre 2017

 

LA BOÎTE AU L’ÊTRE 23


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LA BOÎTE AU L’ÊTRE 23

 

PARCOURS POETIQUES MOSNAC 2014 – 4

La table est dressée, tout autour les arbres se mettent à chanter
Au pied du promontoire
les fourmis sont aux fourneaux
Un levé d’odeurs
alléchantes
ondule les cheveux des branches

Les tasses
en avons-nous bues….souviens-tu tant ?
Derrière un tronc il y parfois pire que l’obole à donner
Le coeur cogne au coing des haches

Ces ombres ont beau vouloir étendre leurs prises
me voici au seuil de la cabane
Le gros arbre s’est ouvert le bas-ventre
accoucherait-il d’espérance
qu’il ne s’y prendrait mieux
de son vagin réconcilié avec lui-même
l’utérus germe
les sèves qui porteront le cri de la vie au plus loin

J’ai mouché les flammes des girouettes
trop d’étincelles font artifice de leur bois
en galbant le mollet du jambage
pour dire vois ce que j’ai pour toit sous le manteau
Antre entre donc en moi
je suis la sorcière de ton bûcher

La mer partie de l’autre marée
vient à grands seaux laver l’impureté
Du balai
maudite sirène
ton chant naufrageur ne lanterne que le malheur
Je me jette aux écumes pour changer mes jours de destination

La clairière vient d’ouvrir son dôme
un bain de soleil descend
pour m’indiquer la route
le ban publié
fait annonce
il y aura mariage entre la
Poésie et l’Absolu
Le Chevalier, hérault porte la nouvelle sans recours avoir aux anges

L’Araignée silencieuse
omniprésente
ne s’est en rien laissée distraire
Les mythes du monde sont sans dents contre sa toile
Tu peux la maudire comme autant que tu voudras
elle s’en fout
Elle tisse
tirant de l’au-delà un temporel où l’éternité se retrouve

Nous avons du feu pour tous les hivers
la forêt nous couvre de ses flammes chaleureuses
la ressource de l’amour est naturelle
ce que tu coupes repousse en corps plus fort

Niala-Loisobleu
16 Septembre 2014

La trace en corps saignante, impossible de se perdre en ce Dimanche réconcilié avec le paysage. Il m’a suffit d’entrer dans l’estuaire pour ôter des façades la partie fausse de leur architecture. Aux trumeaux le miroir est d’un tain qui dissipe l’ambiguïté du doute contaminé. Quant aux tables saillantes de la pierre, j’ai senti que les colonnes les laissaient parler en raison de leur connaissance du silence. Paix d’une joie simple qui vous prend par l’intérieur. Bonheur macéré dans la confiance. Un Autre matin est à poindre. Sans que les torpilleurs d’une escadre pirate puissent en gâter la pulpe. Il n’y a de vent que celui qui a appris le dessein du sillage en ayant su garder le premier signe de la voix.

Niala-Loisobleu – 7 Août 2017

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AU BOIS DE VENT DEBOUT


 AU BOIS DE VENT DEBOUT

Sans autre bruit que le doux gargouillis de la tendre fontaine, au milieu de ton patio, les géraniums tendent le coup depuis les étages . Espoir né d’une simple curiosité ? Que nenni ma chair, besoin viscéral d’humidité, que cette période de l’année excite davantage. Côté rue, du matin jusqu’au soir les formes à la limite du lascif, passent sous les balcons, en cachant si peu, qu’à dessein les pauvres ibis culs mettent tout dans les échasses pour ne pas montrer de signe d’affaissement ostentatoire. Bon, ça c’est dans la calle, puisque vu la chaleur, on pourrait se croire dans la rue de n’importe quel village andalou au moment du zénith.
Sais-tu que ton bruit d’eau, fait buer les tomettes au point qu’en sortant du lit, le pied annonce immédiatement la couleur, en marquant de son empreinte la vieille envie qui passe l’humanité à gué, depuis des millénaires. Dans le fond, sans doute ce qui motive l’espoir
Ah, les hommes, ils en ont trouvé des trucs, des machins et des choses, mais aussi inventifs qu’ils prétendent être, en dehors de certaines pratiques castratives de cons frairies obédientielles où s’amuser conduit à des manèges diaboliques de traitement sévère à base de plusieurs rations de privations diverses par jour
Impossible dans ses conditions que ton p’tit jet d’ô ma Dame, ne foute pas le feu sur une grand échelle….pourquoi ? Ben Bouffi parce la femme, à la fourche, elle a, aile ah, le plus sûr des lance-pierre.
Chat docks ?
Non cale à soutra…
Oh qu’il est con !
Ben tu crois pas si bien dire..
Excuse Milady…et j’ai ramassé mes pro visions, refoutu le cas dit dans la guérite à panier, pour retrouver le bien-être du patio. En plein mois d’Août, 50° à l’ombre au beau milieu de la Sierra Nevada, que si t’en trouve un qui fait son jogging sur la ligne médiane, j’te donne la queue et les deux oreilles d’office. Le patio c’est l’aire conditionnée sans péage. Où, parmi les jarres et le petit jet d’ô, tu restes en apnée un long moment avant de remuer les doigts. Et là, au premier qui bouge, tu vois des papillons bleus qui sortent en même temps que t’entends mieux la mer sortir du coquillage, à côté du dragon sur le Mont. Porté sur le tapis de parfums orientalistes, te voilà qui volute au bout de ton bâton de berger, pour qu’au bout du conte, t’alpes la transhumance à dire niet à l’éternel retour at home. Des fois que l’autre, Jupiter, aurait ses foudres, on pourrait se faire limoger de congés mérités. Baignez-vous dans l’ô séant mes Chéris, la trempette faut en profiter pendant que la mer est gratuite. Avec ou sans caleçon selon vos inclinations. Vive la Liberté !

Eux, entre tant, les arbres n’avaient pas bougé d’une mèche, des verts allant d’un bout à l’autre de la gamme, tenaces comme un amour qui ne veut pas décrocher. Animé par une foi venant de la tripe et tenant à flot, que ce soit une saison ou une autre. On sait que la nature  a un rythme, ses caprices ne lui sont induits que par la main de l’homme. Toujours au travail, les trois-huit, jamais en vacances. Moi, ce que j’en ai appris c’est en suivant ses chemins sur les cinq continents. Une leçon sans égale. Quelque chose qui en matière d’amour porte au respect. Pendant des années à longer, je suis resté debout, allant sans coup férir vers cette clairière où nue, tu m’as un jour d’été, montré le Centre.

Niala- Loisobleu – 2 Août 2017

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Tamara de Tempicka