LE FAUX DU ROI


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LE FAUX DU ROI

Le temps présent à l’image de la fatigue de la nature, traîne sa décadence à grand renfort de roulements de tambours et tarte aux fraises aux goûts amers…

Le héros du jour, est bien l’exception qui confirme la règle…donner sa vie pour en sauver d’autres, j’imagine que ça a du l’étonner le premier après coup de voir le rataplan mené par le grand récupérateur d’indices de satisfaction.

On calcule pas avec son existence, si on la donne c’est tout le contraire de l’extrémiste illuminé qui lui,  a fait un putain de calcul paradis.

Après Johnny, Madeleine fait proust-proust…ah les flons-flons…

Mais je ne tomberai pas dans le mauvais goût qui consisterait à me moquer de cet Homme d’un autre temps, l’invalide c’est la nation.

La haine n’est plus que le produit dont on a besoin pour régner…le racisme de pacotille critiqué est mis en exergue  par les voiles, termes interdits, lieux de culte, etc…qui au lieu de l’éteindre l’entretiennent. Nous sommes au bord d’un retour aux années noires de l’antisémitisme, du bouffage de nègre, de l’élimination du gitan , des races impures. Arrêtez de nous prendre pour des truffes M. le Président !

Monsieur le Gendarme comme vous j’ai honte du profit que le courage donne aux lâches…

 

Niala-Loisobleu – 28 Mars 2018

L’Amour est de neige


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L’Amour est de neige

Il se pourrait que sa noirceur soit bien originelle…ce qui expliquerait qu’il neige juste avant qu’il se barre…c’est sale quand ça fond…

Niala-Loisobleu – 1er Mars 2018

 

XXI

En poésie c’est seulement à partir de la communication et de la libre disposition de la totalité des choses entre elles à travers nous que nous nous trouvés engagés et définis, à même d’obtenir notre forme originale et nos propriétés probatoires.

LV

Sans doute appartient-il à cet homme, de fond en comble aux prises avec le Mal dont il connaît le visage vorace et médullaire, de transformer le fait fabuleux en fait historique. Notre conviction inquiète ne doit pas le dénigrer mais l’interroger, nous fervents tueurs d’êtres réels dans la personne successive de notre chimère.
Magie médiate, imposture, il fait encore nuit, j’ai mal, mais tout fonctionne à nouveau.
L’évasion dans son semblable, avec d’immenses perspectives de poésie, sera peut-être un jour possible.

René Char, Partage formel (1945)
Char – dans l’atelier du poète, Quarto Gallimard, 2007

 

 

 

LA CHASSE A COURRE


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LA CHASSE A COURRE

C’est la faute au cor de chasse
Qui s’enivre à sa voix.
C’est la faute au vent des races
Qui n’ont pas la même foi.

Ce petit meurtre délasse
L’amazone au tendre cœur.
Que veux-tu que ça lui fasse
Tout ce rouge des piqueurs ?

Si la poursuite harasse
La bête au front de corail.
Que veux-tu que ça lui fasse
A l’amazone : un bétail ?

Et c’est la faute aux abois
De cent gueules perspicaces.
C’est la faute aux saines lois
Des terres, des ciels voraces.

Que l’entraille se dénude
Pour la meute qui glapit
Si ce goût de chair prélude
Aux festins du paradis.

Tout ça pour le prix léger
D’un gibier qui meurt en gloire :
Il faut des chairs à manger,
Il faut du sang pour l’histoire.

Seul contre tous, ô faconde.
Bravant chiens, chevaux, chasseurs.
Et qu’il gagnât, fut. mes sœurs.
Contraire aux pivots du monde.

Moi. je dis que tout est bien :
La dent veut de la carcasse.
On est du parti des chiens.
C’est la faute au cor de chasse.

Géo Norge

Mais voilà je suis en corps aujourd’hui


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Mais voilà je suis en corps aujourd’hui

Non hier le soleil n’était rien d’un effet artificiel, il a bien été vrai. Tellement que ça a dérangé l’ordre du paumé, tu sais celui-là qui assure sans que tu lui demandes que c’est Bon Jour, tout a changé…J’ai pas plus fumé la moquette que j’ai sniffé l’absence de culotte d’Irène et pas du tout piquer ma veine. D’abord la veine j’en ai jamais eue. Alors…Pourtant ça faisait longtemps que la scoumoune m’avait pas sucé l’oignon…J’ai été aux gendarmes à cause des voleurs. Pas pour jouer…pour plainte à déposer pour nouvelle agression à la cabane. J’ai pansé ses plaies en chantant mes larmes.

 

LA FÊTE EST FINIE

Il est tard maintenant.
Me voici comme chaque soir
Claquemuré dans la cuisine où bourdonne une mouche.
Sous l’abat-jour d’émail dont la clarté pauvre amalgame
Les ustensiles en désordre, un reflet dur écrase
Ma page confondue aux carreaux passés de la toile,
Et la fenêtre penche au travers de la nuit où tous
Les oiseaux se sont tus, et les mulots sinon les branches
Que le vent froisse et ploie, et les plis des rideaux,
Et les remous de l’eau contre les berges invisibles.

Mais qu’est-ce qui s’agite et crisse en moi, plume d’espoir
Qui s’émousse comme autrefois quand j’écrivais des

lettres
Et que toujours plus flous des visages venaient sourire
En filigrane, exténués comme le sens des mots
Ordinaires : tu sais la vie est plutôt difficile
Depuis qu’Irène — ou bien ne me laissez pas sans

nouvelles.

Et pour finir ces formules sans poids qui me navraient.
Ton père affectionné, ma grande, et tous ces bons baisers
Au goût de colle, de buvard et d’encre violette.

Non, soudain c’est ma propre image qui remonte et flotte À la surface du papier, sous les fines réglures,
Comme le jour où chancelant sur le bord du ponton
Parmi les frissons du courant j’ai vu glisser en paix
Ma figure sans nom. —
L’identité du malheureux
N’est pas avec certitude établie — oh laissez-le
Dériver ; que son âme avec l’écume du barrage
Mousse encore, s’envole et vienne se tapir ici
Dans les fentes du plâtre et le grincement de la porte.

Alors comprendra-t-on pourquoi les jours se sont noyés
L’un après l’autre, jours divers, mais c’est toujours le

même,
Hier, demain, jamais, qui réapparaît aujourd’hui
Et qui me voit rôder de la cuisine aux chambres vides
Locataire d’une mémoire où tout est démeublé,
Où jusque sous l’évier s’affaiblit l’odeur familière
Et, par les dimanches passés au rideau poussiéreux.
L’illusion que tout aurait pu de quelque autre manière
Conduire à d’autres seuils — mais la même ombre

m’attendait.

Que reste-t-il dans les tiroirs : quelques cartes postales,
Deux tickets de bal, une bague et des photographies
Qui regardent au loin à travers de beiges fumées ;

Plus pâles chaque jour ces nuages du souvenir
M’enveloppent, j’y dors sans poids, sans rêve, enseveli
Avec ce cœur docile et ponctuel qui fut le mien peut-être, et qu’emporte à présent le rythme de l’horloge
Vers le matin du dernier jour qui va recommencer,
Déjà vécu, levant encore en vain sa transparence.

Si doux, ce glissement du train de banlieue à l’aurore (Quand de l’autre côté du carreau tremblant de buée
Le ciel vert et doré grandit sur la campagne humide)
Que c’est lui qui m’éveille aussi le dimanche et me mène
Jusqu’à l’enclos où j’ai mes tomates et mes tulipes.
Autour, dans la fumée et l’odeur aigre des journaux,
Songeant à d’autres fleurs, au toit de la tonnelle qui
S’effondre, mes voisins obscurs et taciturnes vont,
Convoi d’ombres vers la clarté menteuse du matin.

À cette heure malgré tant de déboires, tant d’années,
Je me retrouve aussi crédule et tendre sous l’écorce
Que celui qui m’accompagna, ce double juvénile
Dont je ne sais s’il fut mon père ou mon enfant, ce mort
Que je ne comprends plus, avec sa pelle à sable, avec
Sa bicyclette neuve, et son brassard blanc, son orgueil
Tranquille de vivant qui de jour en jour s’atténue
Entre les pages de l’album pour ne nous laisser plus
Que le goût d’une réciproque et lugubre imposture.

Muets, dépossédés, nous nous éloignons côte à côte,
Et ce couple brisé c’est moi : le gamin larmoyant

Que n’ont pas rebuté les coups de l’autre qui s’arrache À la douceur d’avoir été, quand le pas se détraque
Et que l’on est si peu dans le faible clignotement
De l’âge, sac de peau grise flottant sur la carcasse
Déjà raide et froide où s’acharne, hargneuse, infatigable,
L’avidité d’avoir encore un jour, encore une heure
Avant de quitter le bonheur débile de survivre.

Ne pouvoir m’empêcher de songer à ma mort (si fort
Parfois qu’en pleine rue on doit le voir à ma démarche)
Alors qu’elle sera la fin d’un autre dont la vie
N’aura été que long apprentissage de la mort :
Pourquoi cette épouvante et ce sentiment d’injustice ?
Qui te continuera, rêve d’emprunt d’où chacun sort
Comme il y vint, sans se douter que ce dût être si
Terrible de restituer cette âme qui faisait
Semblant de s’être accoutumée à nous ?
Je me souviens :

Un beau soir d’été dans la rue, est-ce qu’il souriait ?
Voici qu’il tombe la face en avant sur le trottoir.
Autour de lui beaucoup de gens se rassemblent pour voir
Comment il va mourir, tout seul, attendant la voiture,
Se débattant pour la dernière fois avec son cœur
Et son âme soudain lointaine où subsiste un reflet
De l’improbable enfance, un arbre, un morceau de

clôture,
Quelques soucis d’argent et peut-être un nom, un visage
Effacé mais qui fut l’unique et déchirant amour.

Et c’était moi qui m’en allais déjà ; ce sera lui

Qui mourra de nouveau quand viendra mon tour ; c’est

toujours
Tout le monde qui meurt quand n’importe qui disparaît.
S’il me souvient d’un soir où j’ai cru vivre — ai-je vécu.
Ou qui rêve ici, qui dira si la fête a jamais
Battu son plein ?
Faut-il chercher la vérité plus bas
Que les branches des marronniers qui balayaient le

square
Sous les lampions éteints, parmi les chaises renversées,
Quand le bal achevé nous rendit vides à la nuit ?

Les fleurs que l’on coupa pour vos fronts endormis,

jeunesses
Qui dansiez sans beaucoup de grâce au milieu de l’estrade
Au son rauque du haut-parleur, dans un nuage de
Jasmin, de mouches, de sueur, les yeux tout ronds devant
Les projecteurs cachés entre les frondaisons dolentes,
Les fleurs, las voyez comme en peu d’espace les fleurs ont
Glissé derrière la commode où leur pâle couronne
Sans musique tournoie avec les cochons du manège,
L’abat-jour en émail, les remous sombres du ponton.

Je ne revois que des cornets déchirés, des canettes
Dans l’herbe saccagée, et des guirlandes en lambeaux,
Et l’urne de la tombola brisée sous les tréteaux,
Et l’obscur espace du tir d’où plumes et bouquets
Ont chu dans la poussière.
Et voici les objets perdus
Dans le tiroir que personne après moi n’ouvrira plus

Pour réclamer en vain cette lettre qui manque, mais

Pour rire d’un portrait de belle prise dans l’ovale

Et levant d’impuissantes mains jusqu’à son dur chignon

Quel tenace et triste parfum d’oubli monte, s’attarde
Avec les cloches du matin qui rôdent sous les branches
Et la cadence de l’horloge au-dessus du réchaud.
Au loin dans le faubourg où finissent toutes les fêtes
Une dernière fois l’ivrogne embouche son clairon.
En bâillant, cheveux dénoués, la belle ôte ses bagues ;
Au fond de l’insomnie où m’enferme le bruit des mots,
Son épaule de miel est-ce le jour qui recommence,
Son silence l’espace où vont éclater les oiseaux.

 

jacques Réda

Mais voilà je suis en corps aujourd’hui…

Alors toi qui me mords les mollets de ton inconsistance vas, rentre à la niche, je reprends la route de l’Atelier pour que tu saches jamais à quel point se battre à vivre c’est ça aimer. A chacun ce qu’il mérite, je te laisse stérile.

Ta fête est finie…non elle a jamais commencé…

 

Niala-Loisobleu – 23 Janvier 2018

A carreaux tiens-toi, t’auras du Coeur


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A carreaux tiens-toi, t’auras du Coeur

A me battre le clou, je la carène de la plante à l’épi. Les jours sans, quand tu vois à ne plus entendre la cloche de brume. Les autres aussi, mais si c’est le blues, faut régler le tempo comme on recale l’aqueux du chas pour aider le fil à repasser dedans. Rien ne saurait prêter à remarque quand du foie ça bile à te faire la langue vert de gris. La connerie ne limitant pas la vitesse de la bêtise, elle croît – c’est un comble pour de l’obscur – à la vitesse-lumière. J’lui disais des essences de bois à cabane. De l’exotique pour le santal qui dégage les bronches, au séquoia pour les boules. Vînt alors le vieux chêne, blasé de la justice à rendre genre dégobille. On lui pèle le gland avec la différence sociale entre l’yeuse qui garde ses feuilles vertes et le liège qui les perd mais reste fluctua nec mergitur. Alors  hésite pas à prendre du être. C’est le meilleur.Ma parole on doit savoir que l’injustice c’est ce qui nourrit l’homme. Tiens il te suffit juste l’écouter cinq minutes. Il va accuser les autres en ignorant totalement qu’il en fait partie. Une salope pire qu’une pute accro de la lime au trottoir des sous en mise tarifée selon le choix, sur place, dans la voiture, sur le ban contre l’arbre. Il en voit des terribles ce pauvre, écorcé au couteau pour un coeur initialé pour la vie qui va pas passer l’année. Ma parole si je mens…

La Parole

Ton vœu qui répugne à l’aisance d’une trame

appauvrie,
Balance entre deux morts.

Les marges se resserrent autour de ton lingot aride
Et déjà, le dernier refuge, le feuillage, flambe,

O ma parole en perte pure,

Ma parole semblable à la rétraction d’une aile extrême sur la mer !

Jacques Dupin

Sois belle et tais-toi. Non, dis tout et ne change rien à ton visage, la beauté c’est l’âme pas le corps tiré au canon. Les compliments de menteurs c’est pire que l’affligeant, c’est une injure. Quand le public se lève pour applaudir casse le prompteur. Artiste c’est pas se faire chanteur, écrivain, plasticien, jongleur, etc.. Artiste c’est savoir l’art de pratiquer avec maîtrise la connaissance approfondie que l’on a acquise en tant qu’humain en tout premier lieu et ensuite dans la profession que l’on a choisi. L’idéal de l’ensemble vivant, la voilà la Beauté où elle se trouve.

Niala-Loisobleu – 29 Octobre 2017

 

FOIRE AU VAIN


FOIRE AU VAIN

Dégringolant de la colline, les côtes en sauts ternes baladent le bonimenteur dans les rues de nos boîtes aux lettres. Grand cirque dit le beau parleur, en nous saturant les oreilles au volant. Des silos à vinasse ce qui sort c’est du pinard qui monte en degrés, avec le rond (espèces sonnantes et trébuchantes) en bouche. Un point c’est tout. J’aimerai savoir combien y a de grammes de chimie pour un grain de raisin dans ces noms qui furent grands avant le développement de la frime des arts de la table. Les noeuneulogues vantent à grand bruit de casseroles un truc en or parmi l’abus du tout est à vendre à condition d’y mettre que le prix. Les gueules noires qui ont monté les terrils doivent gratter du squelette d’envie de trinquer du grisou. Pensant à la misère qui fut la leur, l’avènement prochain des bouilleurs de cru-ôté doit leur faire mal au cul. Le changement climatique prouve que ça peut rapporter plus en le renforçant plutôt que de raser ce qui l’alimente. Le profit c’est un réchauffement pour le coeur du fromage…

Niala-Loisobleu – 3 Octobre 2017

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