Espère et Tremble


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Espère et Tremble

par Jacques Réda

Bien avant le printemps parfois une chaleur étrangement

lourde
S’élève vers le soir à la corne du bois sans feuilles ou près

de la rivière,
Et rôde entre les chemins creux où brûle un résidu de

soufre.
Halo des milliers d’yeux des milliers de troupeaux qui

remontèrent
Des fonds troubles du temps vers ce qui fut le tumultueux

avenir.
Espère et tremble : qui s’approche ou s’efface encore au

détour,
Couronné d’herbe rude et d’un éclat de bleu plus vif À mesure qu’en bas la nuit dissout les reflets, les réponses
A la question déployée en ton cœur comme un drapeau ?
Espère et tremble au souffle chaud qui rôde ; espère et

tremble.

Des Etats de mon Esprit 2


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Des Etats de mon Esprit 2

 

Toi et moi, avons notre partie cachée posée sur pivot. Elles tournent, ensemble ou chacune leur tour avec le soleil. Sans oublier la lune, fantasque, jalouse, lubrique, libertine, qui forme un bel ensemble paradoxal. La pluie étant un des agréments de la circulation, laissons-là où elle tombe, si le chargement se renverse on ira à l’hôte-aile retenir des draps secs. Reste de face ou tourne-moi le dos, quitte à évoluer,  tes aspérités comme tes creux sont pile et face. No problème. A l’approche des rizières j’ai toujours la partie prenante qui n’hésite pas. Le palmier ploie avec une souplesse acquise dans l’étude du comportement du roseau. Ce qui donne toute latitude au cheval pour ruer. Le premier qui cause n’a pas toujours raison. Tu sais la sente qui douane le bord de mer, elle parle l’embrun comme personne. En passant dans le virage du gouffre, j’entends fondre l’airain de l’océan, quelque chose de tes vertèbres dans la ressemblance du gémissement, me disent mes mains en quête de perfectionnement. J’ai dessiné tant de ce qui se dresse, que l’idée de me rendre m’est devenue étrangère. Ainsi avant que tu rompes le silence n’avais-je reçu que des pulsions positives. A la dernière guerre j’ai vu trop de tortures séparatives pour n’avoir pas retenu le sens trompeur de la présence bidonnée. A propos si je mourais, il ne faudrait pas écouter ceux qui disent qu’ils s’en remettront jamais. Surtout en ce qui te concerne, puisque j’aurai resté là.

Niala-Loisobleu – 16 Janvier 2018

 

Dark was the night : Blind Willie Johnson

C’est un hymne religieux écrit au 18 ème siècle par Thomas Haweis que Blind Willie Johnson a adapté

Dark was the night, cold was the ground, on which my Lord was laid.
Mine was the debt, mine was the crime for which my Saviour paid.
How could He die? How could He die to save a soul like mine?
To save a soul like mine?

Cold was the night, black was the tomb. They sealed it with a stone.
Still was the air, stilled was His breath, and there He lay alone.
Body and blood, broken and shed; the price of love divine.
The price of love divine.

Dark is my mind, cold is my heart, and black my sin stained soul.
Can it be true, can it be real, that God would make me whole?
Deep is the pain, deep is the fear, so deep the sin in me.
So deep the sin in me.

Earthquake and light, wonder and fear, the stone was rolled away!
Mighty He rose up from the grave. Oh great and joyful day!
Saviour and Lord! Saviour and Lord! His love has set me free!
His love has set me free.

La nuit était sombre, le sol était froid, ce sol sur lequel Dieu était enterré
Cette dette était mienne, ce crime était mien pour lequel mon Sauveur avait payé
Comment avait-il pu mourir ? Comment avait-il pu mourir pour sauver une âme comme la mienne ?
Pour sauver une âme comme la mienne ?

La nuit était froide, la tombe était noire. Ils l’avaient scellée avec une pierre.
Il y avait toujours un souffle, son souffle qui s’apaisait, et il était étendu seul.
Un corps et du sang, cassé et dépouillé, le prix d’un amour divin
Le prix d’un amour divin

Mes pensées sont sombres, mon coeur est froid, et noire est mon âme souillée de péché
Cela peut il être vrai, cela peut il être réel, que Dieu me veuille sain et sauf ?
Profonde est la souffrance, profonde est la peur, et profond est le péché en moi.
Si profond est le péché en moi.

Tremblement de terre et lumière, espoir et peur, la pierre a été mise de côté
Puissant il s’est levé de sa tombe, quel grand et heureux jour !
Le sauveur et Dieu ! le sauveur et Dieu ! son amour m’a rendu libre
Son amour m’a rendu libre

 

QUAND LA POCHE TEND SON CAILLOU


 

Anna Kapustenko 56

QUAND LA POCHE

TEND SON CAILLOU

 

Passerelle

tremblement du ballant

un singe peut aussi faire le pont

quand il ne reste plus de branches aux arbres

Dans les fougères à l’abri

la fraîcheur se tient tapie

un autre monde vît

au-dessus des affaires

nu intègre râle

bien à l’écart

Les fourmis se promènent sans culottes

les papillons sont topless

et sans chaussettes vont bon train les mille-pattes

comme les abeilles

qui jamais

bien que passant des montagnes

ne mettent de cache col

Un monde ailleurs

où le plus rien prospère

Reste toujours une fleur

que les boutonnières ignorent par bonheur

Vase au marais

ne cage jamais

les grenouilles sautent comme des lapines

sans glas pied

D’entre l’ajonc et l’iris

plus d’un nez d’air a pu fuir l’ô rayé

libre

à travers seins

et la couette des pores

que les soies et les martres m’aiment

au bout d’un manche nageant dans le bleu

poils

toilent

les mâts t’las pour tout sortir des lies

Gypse d’ongles sans vernis

l’étoc granite ses paumes

lieu où bar nagent à côté des aquariums

ronds comme des poissons-lunes

qu’un zinc a fait Petit-Prince un jour ou l’Antoine exaspéré des hommes

a choisi de les rejoindre au plus profond de l’ô

S’il est un voeu

qui serait-ce en deux hors de Toi ma Muse ?

Niala-Loisobleu – 15 Janvier 2018

D’UN TOI QUI PENCHE


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D’UN TOI QUI PENCHE

 

Par les lames du volet qui baille, des fins d’odeur quittent les draps de la nuit. A partir du menton le froid commence à se faire sentir. Un rêve en morceaux balance au bout de la lampe du plafond. Le miaou matinal d’un glissement de poils passe entre les jambes du portique du jardin. Sur la table non débarrassée, entre des assiettes et un verre renversé, la feuille vierge penche un oeil alléchant sur le plein et délié de l’encrier. Séduction, séduction, marmonne l’inspecteur du roman policier qui tient l’enquête en haleine sur la table de nuit. Les lunettes auront-elles suffisamment de vision pour faire avancer les questions qui dérangent ? Cette silhouette qui fuit quand je l’interpelle a des allures d’enfant qui se cherche. Une ronde en musique amène à rapprocher les mains pour danser au chant du coq qui a échappé à la broche du clocher. Si la lune ne veut pas quitter son coin de ciel, faut pas la chasser. Elle porte sur sa faucille le désir de couper la part du mauvais de la vie. Un rêve ne peut devenir un pêché malgré tout le danger qu’il présente pour la raison. L’idéal, voilà le noeud de la ficelle à laquelle le cerf-volant est accroché. Ce n’est pas la panacée d’un monde qui porte le mal sans jamais le soigner. Je vois malgré tout des embarcations prêtes à narguer les zoos. Ce qu’il restera toujours d’odeur dans ma mémoire ne pourra demeurer prisonnier derrière les grilles de l’indifférence. La hauteur des marches à franchir tient la rampe pour se tenir à l’écart  du vide. Et le peu de jasmin que je garde au né, arrive m’aime à passer par-dessus celle de la merde, comme la folle espérance jetée à la face des salopes du quotidien jamais à l’arrêt.

Niala-Loisobleu – 14 Janvier 2018

Cuando la pena cae sobre mí
Quand il tombe sur moi
el mundo deja ya de existir,
le monde cesse d’exister et,
miro hacia atrás y busco
Je regarde en arrière et regarder
entre mis recuerdos
entre mes souvenirs
Para encontrar la niña que fui
Pour trouver la fille que j’étais
y algo de todo lo que perdí
et certains ont tout perdu
miro hacia atrás y busco
Je regarde en arrière et regarder
entre mis recuerdos
entre mes souvenirs

Sueño con noches brillantes al borde
nuits lumineuses dorment avec le bord
de un mar de aguas claras y puras
une mer d’eaux claires et pures
y un aire cubierto de azahar.
fleur d’oranger et un air couvert.

Cada momento era especial
Chaque moment était spécial
días sin prisas, tardes de paz,
jours sans hâte, les soirées de la paix,
miro hacia atrás y busco
Je regarde en arrière et regarder
entre mis recuerdos.
parmi mes souvenirs.

Yo quisiera volver a encontrar la pureza
Je nouveau trouver la pureté
nostalgia de tanta inocencia
nostalgie tant d’innocence
que tan poco tiempo duró.
qui a duré si peu de temps.

Con el veneno sobre mi piel
Avec le poison sur ma peau
frente a las sombras de la pared
ombres contre le mur
miro hacia atrás y busco
Je regarde en arrière et regarder
entre mis recuerdos,
entre mes souvenirs,
vuelvo hacia atrás y busco
retour en arrière et regarder
entre mis recuerdos.
parmi mes souvenirs.

Y si las lágrimas vuelven
Et si les larmes de retour
ellas me harán más fuerte.
ils vont me rendre plus fort.

Le Cabinet de Curiosités


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Le Cabinet de Curiosités

 

Les tâches de son

suivent le bord du vers

à doigts frottés

 

Là parmi des morceaux de vie

le vrai de ce qui est tu de Toi

prononce au fond de son poumon

 

Tu te montres la vitre s’embue

du souffle des paroles que tu as mis en faisant l’amour

mouillée de ce désir de larmes

 

Si ton sein est resté à battre entre les pages

c’est sans nul doute

à cause d’une de mes mains marque-page

 

Niala-Loisobleu – 1er Janvier 2018

 

Nerf Auditif


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Nerf Auditif

 

Pas de neige au sol

juste du coton dans les baffles

ce temps buvard

pompe le fond sonore

 

Il faut avoir l’oreille au sein

pour entendre ce qui demeure

 

.Ce qui est mis sur le devant

a-t-il vraiment le reflet du tant ?

N’oublie pas que la sève

se protège sous l’écorce

 

De mèche la longueur capillaire

pousse par le casque des écouteurs

 

Niala-Loisobleu – 20 Décembre 2017