POINT DE SUSPENSION


 80 ANS... LE BON CONTE 274

POINT DE SUSPENSION

Une pointe acérée de cri crisse douloureusement sur sa langue humaine. Bonjour Madame, vous me reconnaissez, je suis une de vos anciennes élèves d’espagnol…Couac en sentence, contrepoint mal appris d’où jaillit la fausse note écrasant l’air d’une masse qui rend les mains impuissantes. Voici venue la guerre civile personnelle. Lorca n’en sera qu’exécuté une fois de plus. Le garrot hurle au loup. Sans pouvoir prendre la mesure, l’idée du gouffre se fait abyssale. La dame cherche son identité dans le foutoir de son sac qui vient de se répandre à taire. Je suis qui ? me jettent ses yeux en moulinets don quijote ? La foudre arme sa rafale. Combien de tant faut-il  pour réchauffer une guitare?

Niala-Loisobleu – 17 Février 2018

ENTRE L’ÂME ET L’ENCRE


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ENTRE L’ÂME ET L’ENCRE

Bonnes gens, voulez vous savoir
Où se trouve le bonheur du soir
Je sais ! Je sais ! Polissons !
Il est, moi je vous dis que non
Le bonheur, j’en ai fait mon devoir
Et je veux sage, vous le faire savoir

Et je trempe mon âme, dans l’encre
Encre de mes mots qui vous ancre
Dans les étoiles, de la nuit, ô merveilles
Car je sais que là, on les surveille, les veille
On bonifie leur beauté, pour éviter chancre
Quand entre l’âme et l’encre, on les échancrent

Voilà pourquoi chaque jours mon esprit
Jette à votre lecture, l’encre de son plus beau dit
L’amitié là, n’est plus à désespérer
Un lien de poésie que l’on noue à satiété
Pour ne plus oublier, que nos yeux réjouis
Flirtent avec leur bonheur, toujours hardi

O ma passion, toi poésie laisse-moi
Toujours venir voyager, sous leur toit
La délicatesse, la finesse, la gentillesse
Est leur caractère, comme grande noblesse
Vous n’aurez d’yeux, que pour avoir émoi
Du beau, encore plus beau, signe de leur bonne foi
Alors fouillez, fouillez là, le bonheur offre sa joie.

François Creteau

Francesca Solleville/Appelle-moi luciole


Je reviens d’ la pêche
Détruite
Je vis à l’affût
Comme on dit, pas vue
Pas priteJ’ vis entre deux eaux
Je bois des oiseaux
Pas sages
La montagne penche
L’été en revanche
SurnageAppelle-moi encore luciole
Chamois, parasol, Iroquois
Appelle-moi n’importe quoi
C’est qu’ tu m’appelles pas qui m’ désole {x2}

Je t’écris d’Ardèche
La plume un peu sèche
Plus d’ flotte
Un vieux mal aux dents
Et des sanglots dans
La glotte

Perdus les pétales
Ma carte postale
T’arrive
Je mange une liqueur
Je pense à ton cœur
Ta rive

Appelle-moi encore luciole
Soleil, tournesol, caïman
Appelle-moi n’importe comment
C’est qu’ tu m’appelles pas qui m’ désole {x2}

Je t’écris d’Ardèche
Je t’écris des flèches
Tout triste
Il pleut des touristes
L’église, l’artiste
S’enchriste

Il est vingt secondes
À l’horloge, il tombe
Des cordes
La Lune est en place
La fontaine en face
Déborde

Appelle-moi encore luciole
Cocktail, Malakoff ou whisky
Appelle-moi n’importe qui
C’est qu’ tu m’appelles pas qui m’ désole

Allain Leprest / Jean Ferrat

GRACIAS A LA VIDA


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GRACIAS A LA VIDA

 

L’ombre figurée se serait définitivement penchée pour absorber la vague

et pêcher l’allure de la marée au trait d’écume

si le vent retenu avait ravalé la voile avant  qu’à la proue  la mariée ait pu poser son bouquet

des premières glaciations nos silex n’auraient jamais vu le jour à la trouée du feu du clair-obscur

si les pierres-gardiennes n’avaient révélé le secret du tracé de la cathédrale d’amour

pour bâtir avec les outils du luth final en chansons de gestes courtois saltimbanques crachant un ô revoir qui tourne les mouchoirs

alors sortis de nos larmes nous irons accrochés au réverbère de notre seul espoir en bandant le fil de notre funambule traversée sur le fil du rasoir

dents serrées sur les semailles du taire d’un bleu sacré qui tient le guet intérieur

à l’écart du chemin de ronde puisant l’eau comme un âne en noria

pour se vendre en packs

Demeure pure de roche, minérale et végétale ma Beauté, ma Vie, mon Amour.

 

Niala-Loisobleu – 17 Janvier 2018

 

 

 

Miracle, le cauchemar se fait rêve


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Miracle,

le cauchemar se fait rêve

Sous l’immense verrière la gare tient les arrivées et les départs en attente. Ligne de démarcation, comme la berge qui regarde l’autre rive de la rivière. C’est le matin. La salle d’attente se retient de dire. Prolonger son intime refuge au-delà du bruit des premiers pas. Avant que la faim ne pousse l’enfant à la demande du sein. Cet homme, assis au bout de la banquette, porte sur son ,front l’incessante marche d’errant. Un destin inscrit dans le mouvement perpétuel de l’exode. Le percolateur du buffet lâche un commencement d’odeur d’oeuf bouilli; un panneau viandox au-dessus de l’étagère des tasses, sur l’ensemble d’un indélébile relent de sueur se baladant de compartiment en couloir des trains de nuit pour finir par poser ses coudes du zinc au marbre d’une table. Et cette angoisse qui n’a pas réussi à dormir, on la voit debout dans les yeux de leurs corps fatigués de fuir. Les voici, on les sait avant de les voir déboucher, le bruit de leur bottes est le signal que la trêve est finie.

– Papiers, papiers, aboient les crosses de fusils dans l’haleine fétide des brutes occupantes.

On entrevoit un filet de soleil passant dans un mélange de porte entrebâillée et d’imagination exacerbée par l’espoir. Cette force incontrôlable qui s’oppose à l’envie de laisser choir.Les miliciens couleur de néant, rient comme des voleurs de réalité se faisant croire à l’impunité. La force du nombre si chère aux lâches. Ils ont trempé leurs mains dedans quand, mitraillant ce couple qui tentait de fuir ils les ont rattrapés de leurs rafales. Des enfants n’auraient pas du voir des images comme celles là, fait un contrôleur qui n’a plus le courage de vérifier les billets. Le voudrait-il qu’il n’en trouverait pas le moyen dans la bousculade d’une panique qui s’éveille avec le premier bruit des locomotives balançant la vapeur en pression.

Tout l’monde en voiture ! crache le chef de gare, en balançant son fanal.

Je me lève du lit-superposé de ma nuit de passage. C’est net dans mon esprit ce flou des moments où l’homme s’est vraiment montré dans toute la perspective possible du doute quant à son évolution. Il tue plus naturellement qu’il parvient à vivre. Rien de cette effroyable vérité n’affecte les images que les affiches invitent à suivre. Les passages souterrains de la gare sont couverts de vantardise des trains de plaisir. A quai, on a mis des wagons de marchandises, debout on arrive mieux à augmenter la charge de voyageurs. Dans le noir du tunnel les chemins de traverses se sont éteints d’eux-mêmes…

Passage, passage, passage….

Si t’es pas sage me dit une voix pointue comme une baïonnette je te pique ta prochaine année.

On ne voit pas de serpentins accrochés aux miradors, un orchestre joue.

– Bonjour tu as bien dormi mon enfant, me dit une voix joyeuse, réveille-toi on est arrivés en 2018, c’est fini..Bonne Année ! Viens lèves-toi, de quoi as-tu rêvé durant la traversée ?

– Je me souviens seulement d’un miracle, merveilleux espoir insensé, avec l’augmentation des fluides au 1er Janvier, la fermeture des chambres à gaz était inscrite parmi les mesures d’économie !

Niala-Loisobleu – 1er Janvier 2018

 

D’E’mois passés l’un au-dessous sur l’Autre


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D’E’mois passés

l’un au-dessous sur l’Autre

En file sur douze rangs l’humeur incontrôlable comme une déraison climatique passant de l’habit de soirée aux guenilles les plus tues d’une décadence bâillonnée, combien fus-je les mois écoulés, malmené malgré moi par des ouragans soudainement glissés dans une mer d’huile ? Oh, je ne partîmes qu’Un, arrivant en somme plus à me poser la question de savoir où nous sommes réellement…Les vents tournent plus vite que jadis. A croire, un comble pour l’agnostique que je suis, que le dieu Eole est entré derviche aux coups d’vents. Je m’attrape par un bout les jours où ça dépasse, mais le temps de trouver à m’amarrer la rivière a déjà passè l’estuaire. Foutre, comment enfanter, toute la matière à concevoir se barre à côté de la matrice. Merde, t’as-t’y un rouleau des suis toow ? Des phases entières de son existence disparaissent sans avoir eu le temps d’entrer dans la table des matières. Emmuré dans des célébrations du bluff, ça va jusqu’à ne plus pouvoir lever le doigt. D’un coup d’oeil impitoyable ta maîtresse  t’a cramé. Par où je vais passer le premier…qui le dira aura une tapette.

…Attendre, pour voir…(coi, ça m’étonnerait)

Attendre

par Blanchemain Dominique
 

Se dresser dormeur en forme de feuille jetée
Lorsque s’effeuillent nos coeurs jaunis

Attendre

Se lever débiteur borgne du temps abîmé
Dans l’écueil des peurs difformes
Où séjournent les restes d’espoirs

Attendre

Attendre que les fleurs s’envolassent
Du sombre lit de pierre maudit
Où s’enlacent les moires désirs

Attendre

 

Voilà à quoi l’humanité est réduite. Surtout ceux d’entre elle qui dorment sur les trottoirs. Leur cadeau de ce soir ? Ben la chance de ne pas avoir d’émetteur-récepteur de voeux présidentiels.

Niala-Loisobleu – 31 Décembre 2017

Proximité du Murmure


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Proximité du Murmure

 

Je pose mes diversions dans la fumée d’un rire éteint, une année est à la porte, mais la griserie « Champs-Elysées » ne me l’ouvre pas. En vérité, elle me laisse le gosier sec. J’ai fait bonne figure à la cantonade. Il suffit. L’avion d’Ô… z’a qu’à… continuer de taire les pantalonnades grossières et foutre serpentins et mirlitons dans la catégorie Trompe-l’Oeil. Dans l’an prochain, il n’y aura que ce que nous aurons réussi à mettre, pour le reste les bâtards continueront à se faire passer pour le Messie. Je vous souhaite le joyeux simple et la santé forte, qui regonflent sans ignorer le risque des clous jonchant la chaussée. Le bonheur n’est pas un droit, c’est un devoir. Je me battrais pour en avoir, afin de pouvoir en donner. Dans le droit fil de ce que la Poésie m’offre sans me faire mentir.

N-L  30/12/17

 

Proximite du Murmure

Comme il est appelé au soir en un lieu tel que les portes battant sans fin facilitent ou dénouent le tête-à-tête

hors de la crypte forestière il la traîne au grand jour, ou plutôt il lui parle

il la dénude parmi les rafales de vent

ou plutôt il commence à se taire

avec une telle fureur dans les rayons

ae la lumière verticale

une lelle émission de silence comme un jet de sang

qu’elle se montre nue dans sa parole même et c’est un corps de femme qui se fend

Par une allée d’iris et de boue écarlate descendant à la fontaine la tarir…

mais toute l’humidité antérieure

revêtait la roche comme si

nos lèvres s’étaient connues

jadis

sans le feu de la rosée qui monte,

sa dot, l’innombrable et l’évanouie..

transparence têtue elle flambe

elle environne de ses tresses

un pays qui reprend souffle et feu

N’être plus avec toi dès que tu balbuties

la sécheresse nous déborde

le cercle de tes bras ne s’entrouvre que pour mieux

ne rien dire

selon l’heure et le parfum

et quel parfum se déchire

vers le nord, l’issue dérobée…

peut-être ton visage contre le mien,

quand bien même tu me mènerais,

encapuchonné, sur ton poing,

comme aux premières chasses de l’enfer

Au-delà du crissement d’une sandale dans l’allée

soustraite au silence elle a glissé elle aussi à cet oubli de soi qui culmine

et s’inverse en un massif de roses calcinées

aveuglante énumération de ses haltes et de ses périls

réciprocité de dentelles entre son visage et la nuit

j’extrais demain

l’oubli persistant d’une rose

de la muraille éboulée et du cœur sans gisement

Plus lourde d’être nue

ses vocalises meurtrières son rire au fond de mes os

notre buisson quotidien les balafres de la lumière

A se tendre à se détendre sur les traces secourues

omis se dégager femme tout à fait du bestiaire indistinct qui la presse

parmi tant de pieux incantatoires fichés dans le matin roule et grossit le soliloque

de la noue

fade usurpatrice elle dort et me hait j’ai négligé son dénuement elle se tient un peu plus haut

ombre démesurée d’une roue de charrette sur le mur lourdement vivant

Nulle écorce pour fixer le tremblement

de la lumière

dont la nudité nous blesse, nous affame, imminente

et toujours différée, selon la ligne

presque droite d’un labour,

l’humide éclat de la terre ouverte…

étouffant dans ses serres l’angoisse du survol le vieux busard le renégat incrimine la transparence vire

et s’écrase à tes pieds

et la svelte fumée d’un feu de pêcheurs brise un horizon absolu

Sinon l’enveloppe déjà déchirée avec son précieux chargement

le heurt sous un angle stérile de la hanche qui luit

comme si l’étrave en était lisse sous la ligne de flottaison

mais
Je mouvement de la barque rendit

plus assurés l’écriture l’amour

tels un signe tracé par les oscillations du mât

au lieu des étoiles qui sombrent entre le rideau bruyant

et l’odeur de ses mains sur la mer

Sous le couvert la nuit venue mon territoire ta pâleur

de grands arbres se mouvant comme-un feu plus noir

et le dernier serpent qui veille en travers du dernier chemin

fraîcheur pourtant de la parole et de l’herbe comme un souille la vie durant

Ce qu’une autre m’écrivait

comme avec une herbe longue et suppliciante

toi, toute, en mon absence, là, dans le pur égarement d’un geste hostile au gerbier du sang, tu t’en délivres

tel un amour qui vire sur son ancre, chargé

de l’ombre nécessaire,

ici, mais plus bas, et criant

d’allégresse comme au premier jour

et toute la douleur de la terre

se contracte et se voûte

et surgit en une chaîne imprévisible

crêtée de foudre

et ruisselante de vigueur

Musique éclatée ciel sifflant dans un verre fraîcheur du soleil sous la brûlure de la peau

le même sifflement mais modulé jusqu’au silence qui sourd de tes plissements de granit, scintillante écriture le même sifflement

lance le tablier du pont sur ses piles de feu

où tombera-t-il noir le fruit méridien si je franchis le bras de mer

une pierre l’étreint et s’efface

le livre ouvert sur tes reins se consume avant d’être lu

Agrafes de l’idylle déjà exténuée pour que ce qui fut immergé respire à sa place, dans l’herbe, à nouveau,

et de la terre, toute, presque anéantie

ou comblée bord à bord

par l’enracinement de la foudre

sauf la respiration de cette pierre nocturne, le théâtre tel que je me vois, l’anticipation d’un brasier

sans son cadavre retourné

un autre traversera la passe

dans la mémoire de grandes étendues de neige

brillent

entre chaque massacre

Sorbes de la nuit d’été

étoiles enfantines

syllabes muettes du futur amour

quand les flammes progressent de poutre en poutre sous nos toits

exiguë

la définition du ciel

Nous dégageant, nous, de l’ancienne terreur

ou de cet enrouement par quoi les racines mêmes

s’expriment,- s’allégeant…

que ce soit le silence ce qui était présent, là, trop exposé depuis l’aube, sur le sol fraîchement retourné, l’ingratitude ou la légèreté des
hommes, avec le vent,

je me dresse dans l’étendue, seul, contre cette lumière qui décline, le bâillon rejeté

… que ce soit le silence lentement déployé qui règne déjà nécessaire, déjà opprimant

Par la déclivité du soir le secret mal gardé

je la blesse au défaut de sa lecture le vent répare les accrocs

enclume ou catafalque d’étincelles

avec ce qui naît et meurt au bord

de sa lèvre acide

ciel pourpre et montagne nue

elle se penche et je vois au-delà de la ligne de son épaule

mon enfance troglodyte

dans la paroi violette où le soleil couchant se brise comme un pain.

elle se penche je vois…

Jacques Dupin