MAT AIR MANNE


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MAT AIR MANNE

 

Peindre pareil que donner à son âme

le droit de représentation

en tous endroits

Mars  double stanee

d’acte et de pensée

par rapport au froid et au chaud de son poil

par le lieu que ses oreilles captent des yeux

par la spontanéité du geste mu de stimuli

de l’heur de son horloge interne

Devenir siamois du pigment

étreint du pinceau

buvant le médium

qui nargue le couteau

d’un désir d’empâtement

Matière de soi

née du quelque part d’autres

Sensualité affichée

par l’érection d’une forme

donnant l’orgasme à la composition

Peintre montre-toi nu

plus déshabillé que ton modèle

Dis ton combat pour trouver

ce que ton humilité doit taire

Couleur

tu es le teint du tant

dans l’humeur de ta souffrance du peu

Peindre avec l’alphabet de son écriture

du A comme je t’aime aujourd’hui

au Z comme en corps hier à deux mains

La peur unique au ventre

la peur qui crée

la peur qui stimule d’une poussée animale

la peur qui fait surmonter sa peur inadéquate

la peur qui veut que tu la lises espoir

Peindre alors m’aime au pire désarroi

un rond à remplir de jaune

souligné de bleu vertical

du mot venu sur le papier  écrit  à deux mat air manne

 

Niala-Loisobleu –  29 Mars 2018

 

ROUGE BAN BLEU TRIPLE BANC


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ROUGE BAN BLEU TRIPLE BANC

Stanilas était mieux versé dans les grilles

que dans la porte

Pourtant j’ai reçu un carton

d’un bleu banc

que la mer avait rempli de son sel

à l’apporte du soleil

le fils se faisant cygne

Je m’y suis assis les yeux fermés

banc de la Place du Forum

Pompidou marchant à son tour sur une grille

cette fois de métro

s’est soulevé jusqu’au ô

façon Marylin

T’as d’belles cuisses ai-je dit à ma Muse

en plongeant au bain de ses yeux

seins dans les seins

Notre-Dame n’ayant pas retrouvé son bourdon

et Rome toujours sous pape

il a fallut qu’une mouche débarque  en marie-salope

Eh l’Oiso je monte à bord

dans ta trière ya du bon suc de vigne

et les cales en jarres telles que mains tenant

la porte est double

et le bleu triple

sous les fées de l’Al cool

Les rameurs tenaient le marchand d’esclaves

par le fouet du tambour

et la chaîne galère vaine et ri hyene

par la peau des couilles

devenues si bleues

qu’on aurait dit la porte de vingt cènes

en position des tireurs couchés

 

Que du bonheur en bleu de chauffe

l’ô fourneau rallumé

les mines réjouies du géniteur et d’un de la progénitue

trois moins deux et je retiens un

trempant jusqu’au cou

dans l’encrier

pour peindre

en qu’aime et narre

la voie du bleu d’un triple ban

comme si un ange pouvait être haut-de-contre

Niala-Loisobleu – 14 Mars 2018

 

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L’ECOLE BUISSONNIERE


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L’ECOLE BUISSONNIERE

 

Les pensées dromadaires, à plusieurs bosses, tanguant d’avant en arrière et sur les deux côtés, j’avance, stationne, recule. Du béton dans le bulbe et la corne de brume qui l’arme au fur et mesure pour tenir vaille que vaille. Relever sans cesse la hauteur d’eau sous la quille, en jetant de la proue la pige, ça peut expliquer le mal de dos. Quand la partie chiante du colon veut cancériser la navigation, pas facile de tenir la barre en ligne droite. On fait des lofts intestinaux. Il était, non je suis réponds-je. Seulement privé par le momentané d’une circonstance contraire au plein accès à cet absolu qui ne fait pas défaut.

Des maladies il y en a de toutes les formes, leur point commun elles attaquent la forme. Plus tu pompes et moins tu sors, il n’empêche que seul l’esprit shadock aspire au vides. Le filon que l’amour a, enrichit sans rapporter matériellement. Je pense souvent dans les champs de trèfle  à quatre-feuilles du chemin des Dames, a tous les poilus qui ont leurs os à côté du rêve qu’ils faisaient quand la tranchée s’est refermée sur eux. La contradiction étant la base de ce monde, on peut penser que l’orgasme le plus fort se passe dans la mort-subite, qui ne vous reprend pas la jouissance que vous étiez en train de vivre juste avant de mourir. Non pas que j’ai envie de l’essayer. Non sortir tout baveux du ventre, je crois que si j’avais à choisir je prendrai cette formule là. On peut rester collés, ça tente mon côté chien.

  • Un peintre comme Niala ça représente quoi ?
  • Mais tout banane…
  • Si tu me disais la poésie est -ce une utopie, ce serait aussi con que 608 abonnés et pas de commentaires.
  • Regarde dans quelle absence tu vis, et fais plus ton brouillon de thèse sur la construction de la vie

Dans le rapprochement de l’idée d’avoir existé je pense que l’Art est l’exception qui a laissé sa trace.

Raison du plus fou laissant l’adulte aussi spontané que l’enfant.

Elle est mienne c’t’idée là, Maîtresse le sait si bien , qu’elle me gave pas de grammaire mathématique. J’ai ma place dans le tracé de marelle sous le marronnier de la cour, juste devant le petit portail qui ouvre sur l’école buissonnière. Ma chambre d’amour.

Niala-Loisobleu – 08/03/18

ALLIAGES A CHAUX COMME A J’AILE


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ALLIAGES A CHAUX COMME A J’AILE

Cet après-midi avant ce soir je dirai:  j’ai peint toutes ses notes, en désordre, surtout pas triées. Laissant mon coeur se dépasser, prendre l’instrument, qu’il soit guitare ou pinceau, peu importe ils sont chacun du vent qui saura mieux dire qu’une grammaire que j’ignore.

Tu es là à toucher par le fond des yeux. Bain d’image tremblée par l’iris.

Un train, des routes, une chambre, un lit qu’est-ce qu’on va se dire si on ne se tait pas ?Quelle question hors sujet. Voilà du bleu, voici une racine, regarde est-ce que l’arbre te paraît rabougri ?

Il est une fenêtre sur ton front, juste en plein minuit de ta nuque, que tes cheveux n’ont jamais occulté. Elle ouvre sur ton passé parce qu’il tient la clef de ton avenir. Pourquoi « ton », pourquoi pas « nôtre » ? Parce que des réalités, mais c’est quoi la réalité, un âge, un jour, un moment raté, un propice ? Titi Robin, sa première guitare lui a coupé les doigts en lui donnant toutes ses mains. Un vagabond qui savate dans les gamelles pour ne plus entendre les chiens mordre la poussière.

EXIL II

À nulles rives dédiée, à nulles pages confiée la pure amorce de ce chant…

D’autres saisissent dans les temples la corne peinte des autels:

Ma gloire est sur les sables! ma gloire est sur les sables!… Et ce n’est point errer, ô

Pérégrin

Que de convoiter l’aire la plus nue pour assembler aux syrtes de l’exil un grand poème né

de rien, un grand poème fait de rien…

Sifflez, ô frondes par le monde, chantez, ô conques sur les eaux!

J’ai fondé sur l’abîme et l’embrun et la fumée des sables. Je me coucherai dans les citernes

et dans les vaisseaux creux,

En tous lieux vains et fades où gît le goût de la grandeur.

« … Moins de souffles flattaient la famille des Jules; moins d’alliances assistaient les

grandes castes de prêtrise.

« Où vont les sables à leur chant s’en vont les Princes de l’exil,

« Où furent les voiles haut tendues s’en va l’épave plus soyeuse qu’un songe de luthier,

« Où furent les grandes actions de guerre déjà blanchit la mâchoire d’âne,

« Et la mer à la ronde roule son bruit de crânes sur les grèves,

« Et que toutes choses au monde lui soient vaines, c’est ce qu’un soir, au bord du monde,

nous contèrent

« Les milices du vent dans les sables d’exil… »

Sagesse de l’écume, ô pestilences de l’esprit dans la crépitation du sel et le lait de chaux

vive!

Une science m’échoit aux sévices de l’âme… Le vent nous conte ses flibustes, le vent nous

conte ses méprises!

Comme le Cavalier, la corde au poing, à l’entrée du désert,

J’épie au cirque le plus vaste l’élancement des signes les plus fastes.

Et le matin pour nous mène son doigt d’augure parmi de saintes écritures.

L’exil n’est point d’hier! l’exil n’est point d’hier! « Ô vestiges, ô prémisses »,

Dit l’Étranger parmi les sables, « toute chose au monde m’est nouvelle!… » Et la naissance

de son chant ne lui est pas moins étrangère.

St-John Perse

Oui j’ai tout laissé au vent, il est soleil dans un tant se voulant glacè contre-nature ses fraises roides marquant le corsage d’une pointe plus causeuse qu’un non-dit. Je ne m’ai donc pas relu, laissant mes fautes libres d’exprimer au mieux ce que je suis.

 

Niala-Loisobleu – 25/02/18

 

A la Belle Transhumance 2 (suivi de Intériorisation de la Renaissance)


 

A la Belle Transhumance 2

(suivi de Intériorisation de la Renaissance)

Nous sommes le 9 Décembre de l’an 2017, il est 14h45, je suis face à l’Enfant. Ses lèvres absentes des bruits de moto, ne foulent pas le recueillement mis  en place par le silence . L’ébauche du tableau en cours affine les repères. Le symbole prend pied. J’ai le dos transpercé par le froid environnant auquel mon coeur s’est voulu étranger pour poursuivre le Travail. A flanc de montagne les maisons s’épaulent pour garder le feu dans l’âtre. L’azur apparaît dans la repoussée de l’armée des nuages, piqué d’une annonce de retour des feuilles d’un verger porteur de ses prochains fruits. L’oiseau dépose la renaissance aux femmes pour qu’elles essaiment la Vie, l ‘Amour.

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2017

 

INTERIORISER LA RENAISSANCE

La puissance du souvenir
Pour les marelles de l’enfance –
Ciel au paradis du sourire –
Redit le beau temps de présence…

Printemps où s’éveillent les sens
Avec les fleurs qu’il fait élire
Sur peau de femmes – en essence
Comme de si tendres élixirs

Que le poète en transhumance
Puisse redonner tant à lire
Dans nos pays en pleine errance –
Qu’il nous émeuve avec sa lyre

Jamais ! O Grand jamais l’absence
A la misère et ses soupirs
Ne lui tiendra lieu d’apparence
Il en glacerait pour le pire

Des uns les autres en puissance
Il n’y a aucun point de mire
Que la force de renaissance
Par delà tout ce qui s’admire

En nous-mêmes l’indépendance
Ne viendra de tous ceux qui tirent
Sur d’autres dans la dépendance –
Mais de la paix qui les attire

Pour qu’avril impose l’aisance
De tous ceux qui tournent et virent
Ne cherchons pas les subsistances
Autour d’Hiver et ses empires !

Peut-être qu’une vraie distance
D’avec tous ceux qui veulent nuire :
Princes-tyrans et leurs beaux sires :
Leur prescrire notre existence…

Pour le garder notre seul sens
Au chemin de l’épanouir :
Cette si belle fluorescence
De la justice en devenir

Quand la plus tendre des enfances
Hors de l’exil – laisse reluire
En nous suggérant l’innocence
De l’éclat de paix sans trahir !

Quand tant de mitraille leur lance
La mort sans plus même avertir
Sans leur laisser aucune chance…
Il n’y a de frontières à tenir …

Sauf celles de tous les empires
Et des différentes puissances
Qui s’entendent donc pour le pire :
Les richesses et leurs appétences

C’est avec ça que le bon-sens
Pour un renouveau à venir
Doit rompre avec grande insistance
O frères humains tenez l’ire

Et abandonnez le silence
Qui ne vous permet de choisir
Que des hommes de providence
Fiers d’avoir tout à vous saisir

Dans son rêve un poème encense
Vos rêves qu’il cherche à servir
Pour Printemps comme neuve enfance
Sortie de qui peut l’asservir

Demeure ! Désobéissance
A tous ceux qui veulent haïr
Par la vile loi d’obédience
Ceux qui résistent sans faillir

Le chaos et son insistance
Cherche les mémoires à salir
Et toutes bombes à outrance
N’entretiennent que les vampires

Les massacres sous surveillance
De tous les esclaves d’empires
Ne cachent la vraie espérance
D’un printemps neuf pour en finir

Avec ce qui barre toute alliance
Entre tous êtres qui aspirent
A partager leurs subsistances
Malgré ceux qui les en retirent

Avril ! Grandis la résistance
En de mêmes cœurs qui respirent
L’air de toutes les différences
Sous un soleil qui en transpire !

Alain Minod

Ce qui tient la route échappe au faussé


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Ce qui tient la route échappe au faussé

Le lit d’où je te parle me tient dans un sommeil éveillé. Par la fente des volets passent des images que je cherche toujours. Il fait noir, pour les regrets j’ai décommandé les rendez-vous..  Les tapis sont en embarquement Porte 3. Puis sans qu’un signal ait lancé une demande, tout s’arrête. Est-ce que les sourires, cachés dans leurs trous sont figés aussi ? Je me demande en même temps à quelle heure la signification des fleurs se lève. Toi tu es seule à le savoir, bien que tu ne m’en aies jamais rien dit. Il n’y a qu’échange des doigts dans un titre de peau, ce qu’on retient de la voie par les lèvres ouvertes. Être tout l’un pour l’autre, suppose d’abord avoir son silence propre. Pas celui qu’on laisse abêti par les niaiseries des commentaires internet. Nous ne portons pas les mêmes souliers, ça n’empêche pourtant pas nos pieds d’aller à la rencontre. De voir l’arbre, son écorce déboutonnée, donner de la sève à la raison d’être fou sans aliénation. Quand tu lis le tableau d’un ton pareil à la couleur que j’ai mise sous le vernis, tu co-signes l’expression de sa sensibilité.. Bien sûr au départ, avant le premier trait, tu étais toute plume trempée déjà dedans. On a de l’insecte qui libellule ensemble, décollant de deux endroits pour le m’aime point de rencontre. Là, par exemples, vaquant au milieu d’un bruyant quotidien, nous nous dérangeons de son emprise pour passer derrière l’écran du bouche-trou. Tes mains, dans cet instant précis, ont ce geste si tendre. Celui qui, quand obligée tu pars,et que tes doigts me restent. Il y a bien plus fort encore, cette fusion qui entre par naturel dans chacun des mouvements de nos cellules, puis demeure au glissement de l’archet sur le violon de nos journées. Quelque soit le mouvement du passage, lent, rapide, nostalgique, romantique. Le fil du temps, se développe au coeur du noyau, sans faire fausse-route à changer tout l’temps de direction.

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2017

Illustration: L’orphelin de Velletri 1973 – Léonor Fini

 

L’Espoir


 

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L’Espoir

Un moment pour rêver d’herbe
sans les pieds sur le tapis de ciment froid

Quand l’épicier de chine klaxonnera
fais-moi penser à lui prendre notre part de soleil frais il reste une grande part de lune

Ensuite nous irons marcher
sans papier-glacé dans les eaux chaudes du berceau à voiles

Tu as les cils qui frémissent que je crois sentir le parfum des baies libres sans les  longs couloirs aux barreaux des fenêtres
Bleu comme seule tu repeints quand sans le vouloir
là où il devait y avoir des mouettes s’est posée une épave de tristesse
Je remonte la vague des sillons la trotteuse court à l’eau pleine d’entrain
j’embrasse l’à venir à deux mains sur les fesses infantiles d’un nuage
en remontant un à un par les trous de ta nuisette l’intérieur de ta peau pour conter notre histoire au son de la respiration pulmonaire du carton perforé de l’orgue de notre  manège de chevaux-de-bois

L’espoir n’a que Nous pour Auteur

Niala-Loisobleu
19 Novembre 2014