Anatomie du Langage


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Anatomie du Langage

Des coups de sève battant
l’enclume des feuilles à remplir

aphone de bon sens

qui
importe quoi qui tienne

au-delà de personne ?

Les résonances ne font pas de rappel
elles gravent à l’aigu
la grande élision dans l’apostrophe

Maraud dis-moi, sous la saignée de l’écorce
coeur au couteau des veines
l’intégrale du verbe primordial

Au dehors du temps
pieds en cap de vents porteurs baignés d’étreintes d’embruns
rigole-affluent
sillon tranché par un soc volcanique
attelé à la ruée des bras d’espérance
défaits de leurs mortes branches
qu’un quotidien ordinaire prothèse au vivant

Qui hors l’amour
pourrait s’entendre sans besoin de dire ?

Niala-Loisobleu – 15 Décembre 2017

Jean d’Ormesson est mort


Exclusif - Jean d'Ormesson était présent à Bruxelles pour la présentation de son nouveau livre "Comme un chant d'espérance". Après une courte intervieuw, il a rencontré de nombreux lecteurs pour des dédicaces. Le 27 novembre 2014, Bruxelles.

Jean d’Ormesson est mort

 L’écrivain a rendu son dernier souffle dans la nuit.

Jean d’Ormesson est mort, vient de confirmer sa famille à l’AFP. L’Académicien et écrivain de 92 ans a fait une crise cardiaque à son domicile de Neuilly (Hauts-de-Seine), selon les précisions de sa fille éditrice, Héloïse d’Ormesson, dans la nuit de lundi à mardi 5 décembre 2017.

Dans un court communiqué, elle écrit à propos de son père : « Il a toujours dit qu’il partirait sans avoir tout dit et c’est aujourd’hui. Il nous laisse de merveilleux livres. » Jean d’Ormesson est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages. Il était entré à l’Académie française en 1973 et a été publié de son vivant dans la prestigieuse collection La Pléiade des éditions Gallimard.

Cette vie fut belle

Jean d’Ormesson est né à Paris le 16 juin 1925. Fils d’ambassadeur, il est agrégé de philosophie et normalien. Il est d’abord haut fonctionnaire avant de devenir en parallèle le journaliste et l’écrivain que l’on connaît. Il est, par exemple, secrétaire général de l’Unesco de 1950 à 1992 mais il fut aussi le collaborateur de plusieurs cabinets ministériels de 1958 à 1965.

 

Dès 1949, il collabore à de nombreux journaux comme Paris Match, Ouest-France, Nice Matin, mais aussi Diogène, une revue philosophique dont il est le rédacteur en chef adjoint de 1952 à 1971, puis le directeur général en 1976. Mais la grande aventure de Jean d’Ormesson restera celle du Figaro, qui a célébré son 70e anniversaire en octobre, qu’il dirige dès 1974 et auquel il restera très attaché.

Son premier roman porte un titre qui lui ressemble : L’amour est un plaisir, lui qui parlait tant du plaisir qu’il trouvait dans les grandes et les petites choses de la vie, est paru en 1956. C’est au début des années 1970 que cette carrière d’écrivain explose. Jean d’Ormesson reçoit le Grand Prix de l’Académie française pour La Gloire de l’Empire. Le succès d’Au plaisir de Dieu en 1974, adapté par la suite pour le petit écran, continue d’asseoir sa popularité.

Jean d’Ormesson a signé une quarantaine d’ouvrages qui lui ont ouvert non seulement les portes de l’Académie française mais aussi celle du coeur des Français dont il était l’écrivain préféré. Nombre de ses livres étaient autobiographiques comme Le Rapport Gabriel (1999), C’était bien (2003), le bien-nommé cité par sa fille Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit (2013). En 2016, il reçoit même le Jean-Jacques Rousseau de l’autobiographie pour Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

L’amour est un plaisir

Cette vie, Jean d’Ormesson l’a passée aux côtés de Françoise Beghin (79 ans), benjamine de l’industriel et homme d’affaires Ferdinand Beghin (le sucre Beghin-Say), qu’il épouse le 2 avril 1962. Dans les pages de Gala en 2015, l’écrivain confiait avec malice : « [Mon épouse] est merveilleuse, elle a été formidable pendant ma maladie [un cancer de la vessie en 2013, ndlr]. Elle n’est jamais sur le devant de la scène et a toujours été d’une grande patience. Pour le reste, le mariage, c’est quarante mauvaises années à passer, puis après, c’est épatant. La vie devient délicieuse à partir de 60 ans. »

Le couple n’a qu’un enfant : Héloïse d’Ormesson, née le 10 octobre 1962, à propos de laquelle il avouait regretter de s’en être peu occupée. Bien inspirée cependant par l’érudition de son père, cette dernière devient éditrice et sa ouvre sa propre maison d’édition. Avec son premier époux, l’éditeur Manuel Carcassonne, Héloïse a une petite fille : Marie-Sarah.

Le mariage, c’est quarante mauvaises années à passer, puis après, c’est épatant.

En 2012, Jean d’Ormesson soutient Nicolas Sakorzy lors de l’élection présidentielle. L’année suivante, il tient son premier rôle au cinéma, celui d’un président très inspiré de François Mitterrand dans Les Saveurs du palais de Christian Vincent. En 2014, retour à l’Élysée où il est fait grand-croix de la légion d’Honneur par le tombeur de Sarkozy, François Hollande. Cette année-là, Jean d’Ormesson revit après s’être remis d’un cancer de la vessie qui lui a valu huit mois d’hospitalisation en 2013.

En janvier 2015, les éditions Gallimard annoncent que l’oeuvre de Jean d’Ormesson sera éditée dans la prestigieuse collection La Pléiade. C’est un immense honneur d’autant qu’il n’est que le 16e auteur (et toujours antépénultième à ce jour depuis l’arrivée de Mario Vargas Llosa et Philip Roth) à le recevoir de son vivant comme d’autres géants de la littérature que sont, par exemple, Milan Kundera, Nathalie Sarraute, Marguerite Yourcenar et André Malraux… Ce ne sont que des statistiques dont ne s’encombrait probablement guère le premier intéressé. N’avait-il pas déclaré « Les honneurs, je les méprise, mais je ne déteste pas forcément ce que je méprise » ?

Un dernier ouvrage autobiographique de Jean d’Ormesson sera publié en début d’année 2018 par Gallimard. Son titre ? Et moi, je vis toujours.

 

Source Purepeople
Depuis quelques jours le temps glacial préparait à ce coup de gel immesurable….perdu lui-même, l’air manque, il est en retrait,
Trop immense, pour dire ce que cet homme d’humilité représente. Pour moi, comme pour d’autres il est la main courante qui m’a tenu et m’a empêché de tomber durant des années.
Quelle Lumière, toute entière dans son regard!
Il avait eu peur de partir sous Hollande, déclarant que l’idée de savoir que ce serait lui qui lui ferait l’Hommage funèbre…Sans doute sera-t-il quelque peu rassuré….mais en totalité, certainement pas, il sait trop où se trouve la Vérité.
Monsieur, vous demeurerez « Comme un chant d’espérance ». Dormez en paix.
Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2017

LA VIE, L’AMOUR 1


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LA VIE, L’AMOUR 1

Je vois du même œil que Toi. Les arbres ont énormément grandis depuis que nos essences se greffèrent par entité au jardin de nos deux portes.  Je déteste toujours autant Noël que la première fois qu’il ne nous a pas réuni. A ce propos, le retour du fils prodigue a rejoint le coup foireux de ses deux frères.Les champs gardent le climat qui diffère, avec quelque sang identique dans l’origine locale, pour la bordure du terrestre et du maritime, enfin l’accent en rapport avec ce qu’on met dans les verres. Chacune des portes se tient constamment ouverte à l’Autre, quelque soit le temps. De violents orages n’ont pu faire perdre leurs clefs, pas plus que les canicules n’ont pu les faire fondre au bout du long couloir qui les unit. Je passe sur les coupures, plus longues que le plus petit patchwork bariolé de morceaux cousus les uns aux autres. Nous avons voyagé à travers le monde. Moi surtout. A pied, à cheval, surtout en vélo le caillou dans la poche et le sable dans le bocal. Le Cosmos en fait nous a adopté, en tant qu’enfants apatrides de la planète taire. Le ciel et ses grands oiseaux de métal ayant à tout propos déroulé le volant de son tapis. Le cheval est partout. Tu t’y tiens en croupe les deux bras en rênes à ma taille. Inépuisable il ne fatigue pas au premier virage. S’il avait un compteur kilométrique..j’te dis pas, il foutrait sans doute la raclée à tes courses pédestres. Et les petites maisons blanches comme elles aiment le bain de mère. On ne conte leurs enfants qu’à l’encre bleue. Accrochées les unes aux autres à la montagne, elles transpirent de l’étoile quand le soir dans le patio les guitares grimpent aux étages. Plus gitans que nous tu clamses.

La Verite Vous Rendra Libres

Tu es lampe, tu es nuit:

Cette lucarne est pour ton regard,

Cette planche pour ta fatigue,

Ce peu d’eau pour ta soif.

Les murs entiers sont à celui que ta clarté met au monde,

Ô détenue, ô
Mariée!

René Char

 

Pendant ce temps là les nains ont grouillé d’une politique d’autruche à un retour au monarque. On s’est débattus, c’est propre à notre genre qui n’a pas attendu pour se mettre en marche. Ma foi, dans le fond à part le fait qui s’écoute que lui, le roi nouveau, il démérite pas de la France, elle a ce qu’elle mérite. Tu sais plus je vieillis plus ma peinture rafraîchit, je fais plus d’jeun’ m’a-t-on dit. Ce qui savent pas c’est que je tiens accroché à tes seins par ma ventouse buccale. Quand viendra le jour, j’aurai pris assez de quoi t’attendre. Les bois sans soif, t’en a plein autour de chez Toi, c’est pour te tenir au creux que tu t’y réfugies. Ce creux qui n’a jamais trahi notre protection. Je n’ai que du bleu à te dire, du bleu, du bleu et toujours du bleu ma Vie, mon Amour ! Je peins plus par folie que par n’importe quelle raison intéressée, je commence cette nouvelle série comme pour marquer l’année nouvelle dans laquelle je viens d’entrer.

Niala- Loisobleu – 1er Décembre 2017

 

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La Vie, l’Amour 1 – 2017 – Niala – Acrylique s/Canson marouflé, encadré s/verre 40×50

Qui suis-je sinon ce que je ne craie pas ?


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Qui suis-je sinon ce

que je ne craie pas ?

Tu viens de ces levés qui couchent la raison
et ses mi-graines
sous les ruades du sang de l’espoir

Muselant à la niche les clochers plantés sur les aiguilles
de la férule de Chronos
ne portant plus au poignet que le pouls de l’allant droit de vent

Libres espaces vers lesquels glisse ton ventre coque
que tu harponnes toutes cales ouvertes
au devant de ta propre découverte en boutant hors le scepticisme

Troussée des habitudes
usinées aux manufactures de guerre lasse
ficelant l’affranchissement d’un timbre sourd à l’éveil

L’interdit laissé aux gardes-fous du décor, saute élastique
tu voles alors de la couleur mimétique des marées montantes
en sel à la conquête de toi-même, évitant l’échouage des méduses de ton ombre

Des bois flottants noués aux orées de pontons ancrés
font étapes d’ile en île, faisant reconnaître
l’anonyme matricule par l’utopie salvatrice

Ce qui se touche a plus souvent  la nature du vide que ce qui rêve.

Niala-Loisobleu – 12 Novembre 2017

A carreaux tiens-toi, t’auras du Coeur


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A carreaux tiens-toi, t’auras du Coeur

A me battre le clou, je la carène de la plante à l’épi. Les jours sans, quand tu vois à ne plus entendre la cloche de brume. Les autres aussi, mais si c’est le blues, faut régler le tempo comme on recale l’aqueux du chas pour aider le fil à repasser dedans. Rien ne saurait prêter à remarque quand du foie ça bile à te faire la langue vert de gris. La connerie ne limitant pas la vitesse de la bêtise, elle croît – c’est un comble pour de l’obscur – à la vitesse-lumière. J’lui disais des essences de bois à cabane. De l’exotique pour le santal qui dégage les bronches, au séquoia pour les boules. Vînt alors le vieux chêne, blasé de la justice à rendre genre dégobille. On lui pèle le gland avec la différence sociale entre l’yeuse qui garde ses feuilles vertes et le liège qui les perd mais reste fluctua nec mergitur. Alors  hésite pas à prendre du être. C’est le meilleur.Ma parole on doit savoir que l’injustice c’est ce qui nourrit l’homme. Tiens il te suffit juste l’écouter cinq minutes. Il va accuser les autres en ignorant totalement qu’il en fait partie. Une salope pire qu’une pute accro de la lime au trottoir des sous en mise tarifée selon le choix, sur place, dans la voiture, sur le ban contre l’arbre. Il en voit des terribles ce pauvre, écorcé au couteau pour un coeur initialé pour la vie qui va pas passer l’année. Ma parole si je mens…

La Parole

Ton vœu qui répugne à l’aisance d’une trame

appauvrie,
Balance entre deux morts.

Les marges se resserrent autour de ton lingot aride
Et déjà, le dernier refuge, le feuillage, flambe,

O ma parole en perte pure,

Ma parole semblable à la rétraction d’une aile extrême sur la mer !

Jacques Dupin

Sois belle et tais-toi. Non, dis tout et ne change rien à ton visage, la beauté c’est l’âme pas le corps tiré au canon. Les compliments de menteurs c’est pire que l’affligeant, c’est une injure. Quand le public se lève pour applaudir casse le prompteur. Artiste c’est pas se faire chanteur, écrivain, plasticien, jongleur, etc.. Artiste c’est savoir l’art de pratiquer avec maîtrise la connaissance approfondie que l’on a acquise en tant qu’humain en tout premier lieu et ensuite dans la profession que l’on a choisi. L’idéal de l’ensemble vivant, la voilà la Beauté où elle se trouve.

Niala-Loisobleu – 29 Octobre 2017

 

Le long des Quais 6


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Le long des Quais 6

Madame de m’a balancé au rythme de ses boucles métaphysiques. Dans le glissement des cheveux qui s’imprègnent de chaque senteur d’une halte, me vient un brin de mon cinéma de quartier. Le Récamier garde le rire du gosse dans la main de son grand-père quand Laurel s’en Hardy à suivre la poésie de Chaplin. L’esquimo de l’entracte applaudit l’attraction, à moins que le crochet siffle le chanteur sans voix. Chaleur populaire qui ignore tout de la violence qui assomme de ses bruits de tueries le cinéma d’aujourd’hui. On est dans la main de l’autre, m’aime si on ne le connaît pas comme disait Prévert. C’était les Enfants qui s’aiment, les Portes de la Nuit porteuse de fruits. Du tiroir ouvert, je laisse une musique de Kosma accrocher sur les cimaises des Récollets. Ce que j’ai dans les yeux n’a que le vers des tiens mon Coeur.

Niala-Loisobleu – 23 Otobre 2017

 

Rien que Soi Être


 

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Rien que Soi Être

Contre mes verres embués

ses seins fumaient de l’haleine

de ma consommation répétée

Butant à la hanche de son quai, la coque  de mon corps éperdu ahanait en longs bruissements.

Très loin les distances furent effacées avant que le matin ouvre les yeux. Impossible aujourd’hui de savoir si je suis sorti d’ailes, un ensemble d’émoi n’a pas touché terre. Je vole à l’étalage de mes pensées. Il parait qu’un fantôme épris d’un bateau traverse les océans jour et nuit. Bien que Capitaine il se pourrait que je mousse encore apprenti. Où débarque-on quand on mourre d’amour ? Ni un trou, ni le crématoire doivent pouvoir vous décoller de ce coït ininterrompu de vivre. Si on a aimé, chien on reste par reconnaissance. C’est une idée érectile qui se développe en moi. Illumination de la petite-mort. Je me souviens au début, il y a des lustres de ça, je rosissais des joues devant la grainetière quand, la mandant pour me recharger en pigments, je voyais ses yeux s’écarquiller en visualisant le rêve que j’avais gardé surmoi. A présent l’innocence qui ne me lâche plus m’a ôté toute réaction faussement honteuse.

Niala-Loisobleu – 15 Octobre 2017