Au soir d’un beau matin par temps sale


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 Au soir d’un beau matin par temps sale

Ce qui a pu être ramassé pour salir au propre le ciel de ce jour , je l’ai laissé aux fâcheux

Tu sais je t’ai montré

peindre d’amour bleu

les deux mains au sang de ta chair donnée ouverte

à l’essuyé pileux roussi par ces braises de glace aux fruits rouges

et bien voilà dans le demi-jour qui avale les couleurs, un détail de ce qui se signera demain

Il n’y a pas un manque de marque du tiède de ton souffle, par la diagonale tu peux le sentir, je baigne en douceur.

Niala-Loisobleu – 09/02/18

Illustration : Détail d’ébauche – Niala- 2018

Tes doigts en sont maculés conception


 

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Tes doigts en sont maculés conception

 

L’émotion trop forte

les yeux peuvent dirent dans une langue de bouche

touche

tu ne rêves pas, tu peins clair l’espoir des nuits à chercher

le jour dernier d’un tant manquant dépassé

tu rêves à croire c’est vrai ce que tu vois

Tes doigts en sont maculés conception

Les rizières de Bali, le lac Inlé et la plaine des Temples en Birmanie m’ont ancré cette identique impression d’atteinte, de présence, d’aboutissement, de concrétisation…cet instant de détachement absolu du misérablement laid par le néant..la quête nitzschéenne sans la retraite de montagne

en dehors du détail marchand du politiquement correct mis en appât dans l’objectif numérique

instant où l’élément en vigueur vient s’offrir, se donner à tenir, à embrasser, à vivre l’Acte

parler dans son attente, dire dans le présent j’y suis, je ne sers à rien et je m’y efforce utile, sans la technique de la couche

la peinture m’a privilégié ces moments intenses en me permettant de ne pas désespérer de l’Amour…je suis vivant je peux mourir…

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2018

 

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Ainsi soit-il – Série In Temporalibus –

1983 – Niala

Huile s/toile 195×130 – Musée Ville de Cognac

(Oeuvre causée par la crue de 1982 où Niala perdit sa maison et tout son contenu)

 

 

« JE PEINS LA LUMIERE QUI EMANE DE TOUS LES CORPS »


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« JE PEINS LA LUMIERE QUI EMANE DE TOUS LES CORPS »

1er septembre 1911

Tout ce qui est sorti de ma main ces deux ou trois dernières années, qu’il s’agisse de peinture, de dessin ou d’écriture, est censé « engager l’avenir ». Jusqu’à présent, je n’ai rien fait d’autre que de donner, et m’en trouve si enrichi que je suis obligé de continuer à faire don de moi-même. Si l’artiste aime son art par-dessus tout, il doit être capable de laisser choir son meilleur ami lui-même. Pourquoi suis-je resté loin de vous ? Certains, je le sais, donnent une réponse injuste à cette question, et vous devez croire que je fais la mauvaise tête. En réalité, je tâche de résister à toutes les agressions de la vie. J’aspire à tout connaître par expérience ; pour y parvenir, il faut que je sois seul, je n’ai pas le droit de me laisser amollir, mais je dois être dur, en me laissant guider par la seule pensée. — D’ores et déjà, je suis arrivé à différentes choses ; entre autres, certaines de mes peintures se trouvent à Hagen, en Westphalie, au musée Folkwang, ou chez Cassirer [un propriétaire de galerie] à Berlin, etc., ce qui me laisse froid, du reste. — Je sais que j’ai fait d’énormes progrès sur le plan artistique, je me suis enrichi de mille expériences, ai lutté sans trêve contre l’art « commercial ». […] Le peu que j’ai appris de psychologie au contact des « réalités » me permet d’affirmer ceci : les petits sont vaniteux, et trop petits pour pouvoir connaître la fierté, et les grands sont trop grands pour pouvoir être vaniteux. […] La chose la plus précieuse à mes yeux, c’est ma propre grandeur. — Suivent quelques aphorismes de mon cru :

Aussi longtemps qu’existent les éléments, la mort absolue sera impossible.

Qui n’est pas affamé d’art est proche de la décrépitude.

Seuls les esprits bornés rient de l’effet produit par une œuvre d’art.

Portez votre regard à l’intérieur de l’œuvre d’art, si vous en êtes capable.

Une œuvre d’art n’a pas de prix ; pourtant, elle peut être acquise.

Il est certain qu’au fond, les Grands étaient des hommes bons.

J’ai plaisir à le constater, ils sont rares, ceux-là qui ont le sens de l’art. — Signe constat de la présence du divin dans l’art.

Les artistes vivront éternellement.

Je sais qu’il n’existe pas d’art moderne, mais seulement un art, — qui est éternel.

Si quelqu’un demande qu’on lui explique une œuvre d’art, ce n’est pas la peine de répondre à son vœu : il est trop borné pour comprendre.

Je peins la lumière qui émane de tous les corps.

L’œuvre d’art érotique, elle aussi, a un caractère sacré !

J’irai si loin qu’on sera saisi d’effroi devant chacune de mes œuvres d’art « vivant ».

Le véritable amateur d’art doit avoir l’ambition de pouvoir détenir en sa possession aussi bien l’œuvre d’art la plus ancienne, que la plus moderne.

Une unique œuvre d’art « vivant » suffit à assurer l’immortalité à un artiste.

Les artistes sont si riches, qu’ils doivent se donner sans trêve ni relâche.

L’art ne saurait être utilitaire.

Mes tableaux devront être placés dans des édifices semblables à des temples.

 

 Egon Schiele

 

Aussi longtemps que l’ignorance de l’amour me crucifiera dans son arène, tête basse et cape d’épais coeur, j’irai nu, tel, authentique, lance en érection à la Femme, portant tête hôte, mes couleurs sans non d’emprunt – pantomimes allumeuses – que le lapin se doigte l’amor dans l’âme à l’ombre chinoise d’un théâtre scatophage…

Sans abdiquer

juvénile maturité, élan spontané, flair sauvage planté dans le boisé odoriférant de la yourte que l’homme moitié cheval que je suis chevauche à cru…

Egon se le dise…

 

Niala-Loisobleu – 1er Février 2018

 

Egon-Schiele-Sitzende-Frau-in-violetten-Strümpfen-1917-©Courtesy-Richard-Nagy-Ltd.-London

 

RITE DE PASSAGE


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RITE DE PASSAGE

Mon essence ciel résiste au sommeil d’un artifice qui se complaît à le tromper à pleines lèvres,

planté en taire stérile, sécheresse, comble de la crue simulée au-dessus des berges

Un cycle nocturne à l’estouffade n’empêche la ruade équine interne, refus de l’oiseleur qui glu l’oiseau de son piège, laisse

Entend sourdre le clair de roche dans l’éclair bleu de la truite sauvage filant entre les pierres

La m’aime heur natale ne se reconnaît pas dans l’identique date de naissance. L’état d’Être est l’osmose d’un creux à son noyau

là où le gène de l’Amour perdure les différences sont plus complémentaires qu’un copié-collé de groupe numéroté. Il y a le cru et le cuit dans le langage. Le mien est cru de tout son carré. Carniforme en plaine nudité tout au long de mes terres alluvionnaires, je suis

Il ne faut pas couvrir les toiles d’un buvard mais laisser la peau de lin se fondre à la peau de peinture de l’Autre

Je ne peins pas pour faire joli, j’écris pour dire et de plain-pied vers la manifestation de l’écho

je m’apprête à passer le nouveau seuil d’une autre année….

Niala-Loisobleu – 30/01/18

Mascaret


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Mascaret

Le carton bois étendu de toute ma démangeaison revenue m’appelle à peindre

enjeu d’ô

tu sais comme la ressemblance des paroles de la chanson de geste de tes seins me dit l’envol des oiseaux marins

J’en ai vu tirer à eux la désespérance terrestre à la délivrance des embruns

contre la craie, le granit des falaises où le corail de la barre se fait bruyère au bas de ton ventre

C’est le moment venu de lâcher tout le dire, dis-je en brettant ta langue à la botte de chez-nous. A l’instant où tu t’es dévoilée.

L’estuaire n’a pas eu d’autre mouvement que celui de vouloir remonter son sel à ta source…Dans cette esquisse, j’avancerais La Nature dans tous ses Etats, pour  signer l’oeuvre commune…

Niala-Loisobleu – 28/01/18

Illustration: Ebauche d’aujourd’hui, acrylique s/carton bois 60×80 – Niala 2018

 

 

Réassurance


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Réassurance

 

Dans la faible clarté d’un tapage, l’ombre avoua la vérité. Par la brèche d’un malentendu, reculez tambours de vils

L’affichage n’à qu’un vouloir : vendre

Juste au départ de l’orée

le battement tient la direction clairière

Fichée au Centre

la fontaine d’Amour suit le balbutiement de l’En Vie sans vices

Une porte s’ouvre sur la Blancheur du tissage du Fil à Suivre…

 

Niala-Loisobleu – 28/01/18