ANDALUCIA 40 ANS DERRIERE – 1


ANDALUCIA 40 ANS DERRIERE – 1

Le clairon coincé dans la gorge de l’arène

aplatit la poussière aux naseaux du toro plus furibard que jamais

les cons qui réclament l’abolition de la mise à mort

trouvent rien que de plus normal de coller le mot Fin à une histoire qu’aucun livre n’aurait eut courage de mettre sur ses pages. Un roman d’amour platonique sans chair à l’étal, autre que celle d’une fratrie ennemie ça ferait bander qui ?

Nous sommes partis main dans la main vers un autre Compostelle que les mots sirupeux qui font passer toux, y compris l’intolérable.. Elle dans ses deux langues moi dans la seule que je timbre. Des rois au bas du pied des stalles, du rouge au travers en bande du drapeau soleil.

L’ombre d’un immense oiseau-noir plane sur sa tête à elle.

J’évente de mes deux bras désarmés, terrifié en voyant que je ne fais pas peur à la bête…

Niala-Loisobleu – 18 Février 2018

 

Andalucia (2013_08_20 09_57_16 UTC)

 

LES GALÉRIENS

Grignotées par les rats

nos chaînes peut-être tomberont en poussière

mais jamais celles de la passion sinistre dont nous

sommes esclaves charpentes vouées aux fers à la tyrannie profonde des mots et des tatouages de

hasard

Figurations emblématiques qui capturez notre destin

et le faites s’emboîter de force dans des schémas

nos poitrines soulèvent en respirant vos lanières gravées

filets moins tendres à la peau que les paroles amoureuses

lorsque pareilles aux cordes enfantines qui font tourner et chanter les toupies

les phrases s’enroulent

et accélèrent les mouvements du cœur

Il était une fois

une rose espagnole sur l’épaule d’un forçat

Un sang rosé coulait à travers la pulpe de la rose une tige mince et courbe reliait son palais de pétales

au sang d’une bouche un peu au-dessous du palais noir d’un peigne planté

dans la chevelure
Cette rose devint aiguë marine sitôt la galère sombrée

Il est des heures

mieux vaudrait être galériens qu’être où nous sommes
Nous roulons nous tanguons pareils aux autres hommes mais un boulet imaginaire de métal rouge nous parcourt des chevilles aux yeux plus consternant que des hoquets d’ivrogne

Toutefois

un jour sera

où les épines déchireront les fouets

Sacher-Masoch et
Sade s’étant donné la main

dessinés sur le dos d’un marin

Les échines nues danseront

puis d’un seul coup les boulets éclateront

astres noirâtres gonflés par le pus d’une blessure trop

ardente caillots d’espace désentravés qui tueront
Dieu et les

siècles à venir

en dépit des chiourmes rationnelles et des syntaxes bariolées

Michel Leiris

TANT DE CORPS ET TANT D’ÂME


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TANT DE CORPS ET TANT D’ÂME

 Captifs de l’étrange machine
Qui nous mène de vie à trépas

En quel lieu de ce corps en fonction

De ce sang qui déambule

Se fixe l’être

Bâti d’élans de songes de regards

Qui parle les langues du silence

Qui devance mots et pensées?

Qui prononce notre mort
Qui instaure notre vie

Qui présence ou absence

Dans la mêlée des vallées et des gouffres

Nous prodigue

Cette sarabande de rixes et de roses

Nous assigne

Ce pêle-mêle de discordes et d’harmonies?

Qui

tissant ensemble

tant de corps et tant d’âme

Nous imprègne de passé
Nous génère un avenir?

II

Plus loin que tes membres

Plus haut que ton front

Plus libre que racines

Tu t’émancipes de l’arbre de chair

Vers les récits du monde

Vers l’image inventée

Hors des marques quotidiennes
Où tu vécus fièvres et moissons
Soleils ou mélancolies

Tu t’élances
Une fois de plus
Débauchant l’espérance.

III

L’esprit s’aventure
Tandis qu’en sourdine
Le corps tout à sa trame
Poursuit de secrètes et mortelles visées

Spectateurs ahuris

Nous déchiffrons soudain

Sur nos peaux en nos charpentes

Les croquis de l’âge

Tout ce grené tout ce tracé

Tous ces naufrages

Que nous n’avons pas conduits

Ces mêmes érosions ces mêmes

Qu’aucune chair n’a jamais fuis

Le temps triomphe des temps

Soumis au projet sans failles

De l’impassible métronome

Le corps lentement se déconstruit

Tournant autour du pieu
Où s’embrochent nos destins

Il nous reste la parole
Faite d’argile et de souffles

Il nous reste le chant
Fortifié d’autres chants
Alluvions qui progressent
Vers l’horizon sans appel.

Andrée Chedid

 

BATAILLE EN POUSSIÈRE 


 

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BATAILLE EN POUSSIÈRE

I

Toi tu de l’amour tu

Tu n’en sais rien toiture de l’âme

Cheval nuancé nourri assez en hourvari

Quelle hutte assiégée

Qu’elle rie asiate la vie

Là vire l’amorce

L’âme hors ce miroir des sceptres lucide roi-spectre

déflore la faune
Nez faux mais on aime le feu à faux cils
Filez félins d’eau !
Endormie l’industrie arachnéenne
Le clapotis du rêve durable ensablé de nuit À tourbillons de lune À coalition de glaces

D’étoiles emmaillotées au nid à la poussière de basalte
Sur le
Nil de ma folie
Ressort perçant les tempes du liège dynastique de la

vitesse

II

Toi tu de l’amour tu
Tu n’en sais rien
Toiture de l’âme cheval
Nuancé riant nu

Nourri assez en hourvari

Quelle hutte assiégée

Quel rire asiate

Là vire l’amorce

L’âme hors ce miroir

Des spectres lucides

Roi spectre déflore la faune

Nez faux mais on aime

Le feu à faux cils

À la file félins d’eau

Endormie l’industrie arachnéenne

Le clapotis du rêve

Durable ensablé de nuit

À tourbillons de lune

À coalition de glaces

D’étoiles emmaillotées au nid

À la poussière du basalte

Sur le
Nil de ma folie

Ressort perçant les tempes

Du liège dynastique

De la vitesse

27 août 1950, 2 heures du matin

César Moro

LES SEMBLABLES


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LES SEMBLABLES

Je change d’idée

A suivre les brises de fil fin

A suivre tes jambes tes mains tes yeux

La robe habile qui t’invente

Pour que tu la remplaces.

Je change d’idée
Tu passes dans la rue
Dans un ouragan de soleil
Je te rencontre je m’arrête
Je suis jeune tu t’en souviens.

Je change d’idée

Ta bouche est absente

Je ne te parle plus tu dors

Il y a des feux de terreur dans ta nuit

Un champ de larmes claires dans tes rêves

Nous ne sommes pas tristes ensemble

Je t’oublie.

Je change d’idée

Tu ne peux pas dormir

Sur des échelles nonchalantes
Interminablement
Entre la fleur et le fruit
Dans l’espace
Entre la fleur et le fruit
Tu cherches le sommeil
La première gelée blanche
Et tu m’oublies.

Je change d’idée

Tu ris tu joues tu es vivante

Et curieuse un désert se peuplerait pour toi

Et j’ai confiance.

Fini

Je n’ai jamais pu t’oublier

Nous ne nous quitterons jamais

Il faut donner à la sécurité

La neige paysanne la meule à ruines

Une mort convenable

Le jour en pure perte noie les étoiles

A la pointe d’un seul regard

De la même contemplation

Il faut brûler le sphinx qui nous ressemble

Et ses yeux de saison

Et ses mousses de solitude.

 

Paul Eluard

POINT DE SUSPENSION


 80 ANS... LE BON CONTE 274

POINT DE SUSPENSION

Une pointe acérée de cri crisse douloureusement sur sa langue humaine. Bonjour Madame, vous me reconnaissez, je suis une de vos anciennes élèves d’espagnol…Couac en sentence, contrepoint mal appris d’où jaillit la fausse note écrasant l’air d’une masse qui rend les mains impuissantes. Voici venue la guerre civile personnelle. Lorca n’en sera qu’exécuté une fois de plus. Le garrot hurle au loup. Sans pouvoir prendre la mesure, l’idée du gouffre se fait abyssale. La dame cherche son identité dans le foutoir de son sac qui vient de se répandre à taire. Je suis qui ? me jettent ses yeux en moulinets don quijote ? La foudre arme sa rafale. Combien de tant faut-il  pour réchauffer une guitare?

Niala-Loisobleu – 17 Février 2018

LA VIE, L’AMOUR, LA MORT ?


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LA VIE, L’AMOUR, LA MORT ?

Puisque la faux, lame froide vient d’oser se faire porte

tendant son repas à l’immonde crabe

La Vie, l’Amour 8

chancellent au centre du ring

pas le droit de laisser parader la Mort en pointillé

Qu’en naîtra ou mourra-t-il, je n’aurai pas la réponse avant quelques jours…aussi je supprime une oeuvre qui est mutante, jusqu’à pouvoir la reprendre

au passage je me demande comme toujours

qu’est-ce qui fait le plus mal, vivre sa vie en responsable ou devoir lire des commentaires irresponsables qui laissent prétendre par leurs délires ce qui n’est pas vrai…

Savoir être digne, svp, foutez-moi la paix….j’ai à accompagner…

Niala-Loisobleu – 16 Février 2018