À LA RANI DE JHANSI


LakshmiBai

À LA RANI DE JHANSI

PAR ANDRÉ VELTER

On n’est jamais si bien que dans une autre vie,
Loin de soi, loin de tout, en terrain découvert, À
Gwalior si l’on veut près du temple désert
De
Tali-Ka-Mandir où l’on est sans envie.

Le palais bat de l’aile.
S’il contemple le vide,
C’est qu’y tomber serait une fin trop brutale,
Trop vive pour le décor de légende fatale
Où la
Rani qui meurt tient d’une main avide

L’épée à embrocher l’Anglais et son empire.
La poussière a passé sur les ors, les émaux,
La gloire a pris congé en un dernier soupir.

Rien n’est triste pourtant et rien ne pousse au pire,
On dirait qu’un absent murmure mot à mot
Un refrain où la brume boit le sang et les os.

ARTHUR CRAVAN


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ARTHUR CRAVAN

PAR ANDRÉ VELTER

Pour hasarder l’espace de Cravan et compromettre la postérité, un détournement d’ancêtres dispersera le ciel. Un par un les tigres s’enfoncent dans le sommeil. Il y a
là comme une jungle dans la bouche, une torpeur sauvage de poignard qui frissonne.

La ligne de fuite est en elle-même la ligne de vie. Mais dans cette adolescence de l’impossible, le déserteur abandonne d’abord sa désertion en dépouille pratique d’une
autre guerre. Cette désertion tue le fond des choses, son vertige constitue l’horizon même qui jamais ne s’efface aux environs d’un disparu imprévisible. On trouve des lambeaux
de gencives dans l’énigme de l’art égyptien.

La boxe, comme désordre culturel du mouvement ralenti des idées, c’est le but au plus pressé, avec une grande fluidité technique. Des combats relèvent de l’instinct
utopique : Arthur Cigare contre René la Méthode! en 15 rounds de 3 minutes… Et Descartes, sonné dans les cordes, « c’est lui, c’est l’autre », perd la direction de
l’Esprit. Comme l’uppercut, Cravan est un naufrage de bas en haut.

Dans la distance qui provoque l’humanité grégaire s’entassent des galbes héroïques, des modèles de vertu, des décalcomanies de tortures : ce qui s’appelle le bon
goût et qui préfère le fromage de tête à celui des pieds. L’outrance opère en vidange de la loi.

Le muscle libère les poètes qui ne craignent pas de décider du destin en termes d’efficacité.

Corps à corps de la pensée, l’existence relève parfois de l’incompatibilité d’humeur, de la grande fraternité de l’absence quand des contrôleurs, en partie rebut
de notre mémoire, se disant collecteurs de signes, marchands de savoir, porteurs d’espérances, traquent les sentiments les plus éloignés, broient les mystères, inondent
les regards comme des ballastières. La spoliation de l’unique intervient toujours à la faveur de l’abrutissement général. L’être au filigrane s’en voudrait d’être
là.

Epave glacée au creux de courants torrides

vitesse qui coule sans appel

au centre exact

de son exil,

l’Autre

le nomade

la brute effacée

l’iguane de sable,

glissant une image dans son gant,

se dessaisit de la terre.

BARBARA – Les Voyages 


BARBARA – Les Voyages 

Ah les voyages!
Aux rivages lointains, aux rêves incertains
Que c’est beau les voyages!
Qui effacent au loin nos larmes et nos chagrins
Mon Dieu, ah les voyages!
Comme vous fûtes sages
De nous donner ces images…
Car les voyages,
C’est la vie que l’on fait, le destin qu’on refait
Que c’est beau les voyages!
Et le monde nouveau qui s’ouvre à nos cerveaux,
Nous fait voir autrement
Et nous chante comment
La vie vaut bien le coup, malgré toutAh jeunes gens!
Sachez bien profiter de vos 20 ans!
Le monde est là,
Ne craignez rien, il n’est pas méchant
Il vous guidera…

Les voyages…
Qui murissent nos coeurs, qui nous ouvrent au bonheur
Mais que c’est beau les voyages…
Et lorsque l’on retourne chez soi
Rien n’est comme autrefois
Car nos yeux ont changé, et nous sommes étonnés
De voir comme nos soucis étaient simples et petits…
Car les voyages… tournent une page…
Ah les voyages…

VIE PRIVEE 39 –  JE SUIS INCOMPATIBLE


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VIE PRIVEE 39 –  JE SUIS INCOMPATIBLE

Moins d’un an est passé depuis le 38 de ma Vie Privée, c’était le 18 Juin 2017. Jour d’Appel. N’empêche qu’à un jour près du n’importe lequel où tu reviens dans ton existence, en pas une heure tu peux la voir se retourner. Monsieur de La Pallice 1 minute encore avant de mourir il était vivant…

Il y a un an j’errais dans mon échec électoral, le Macron avait gagné, bien que cela ce soit fait sans surprise, de le savoir au pouvoir j’en trouvais plus l’endroit où poser mes pieds. Rien depuis n’est venu me contredire, je m’étais pas trompé. Personne n’y comprendra quelque chose, mais de pas me tromper en fait ça ne m’arrive jamais – dit sans prétention – sauf sur moi-même où régulièrement je me plante. Il y a toujours l’amour qui soulève et qui crac, boum, pu, me pète à la gueule un beau matin, comme on raccroche d’un coup sec au prétexte d’un reproche. J’ai la vue basse sur ce que je dois réellement être. Au vu de ce que je récolte c’est manifeste, disant toujours que ce qui aime donne et ce qui n’aime pas demande. J’ai rien d’mandé…Mais pas de doute aujourd’hui comme avant, ce que j’ai donné c’était pas ce qu’on attendait de moi. Je suis le salaud qui s’ignore. Je vais pas faire de procès. C’est fini, ça m’a coûté 3 fils, je suis pas partant pour aller au devant d’une nouvelle défaite. Il me reste à analyser mon concept de la poésie. Il ne me reste qu’elle. Je dis depuis longtemps, surtout quand je clame l’hypocrisie de langage et de comportement de ce monde que seule elle pourra sauver le monde. Le doute m’assaille. Si on triche avec elle comme avec le quotidien ? Où est l’espoir ? Je suis carré, donc incompatible avec ce monde. Tout le problème se trouve là et pas ailleurs. J’ai eu tort de lasser paraître la série noire qui me colle aux basques. Seulement, rompu à aider les autres à sortir des leurs, je sais trop bien qu’en parler est le seul moyen de l’évacuer. Surtout quand on n’en gémis pas. Alors si le crabe et la cabane dérangent ça n’a pas été volontaire, mais ne regrette rien. Au fond moi je me sens propre.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2018

 

 

ETRE GÉNÉREUX OU NE PAS L’ÊTRE


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ETRE GÉNÉREUX OU NE PAS L’ÊTRE

PAR FRANÇOIS CRETEAO

Chaque jour Je me pose la question
Ai-je ! esprit, main, cœur généreux
Ai-je en tout appel, toujours tout donné
Que j’eusse pu de mon sein avitailler
N’ai-je rien caché qui n’eût pu tromper
La vertu de mon acte dans le bon don parfait
Mon esprit peut-il fraternisé avec l’illusion

Le grand chantier qui a construit ma vie
A traversé en ses temps bien des turpitudes
Quand le fond de mon âme chantait la plénitude
Mais que le soir au bord de rêves d’amertumes
Mes dons n’étaient que de bien sages sollicitudes
D’épars besoins voués à l’échec des maudits

Car un jour fut-il que ma pensée fut rebelle
Ma générosité était-elle si généreuse en soi
Faire le bien pour offrir le mal sous les toits
Quand les marchands de parole font la loi
Pour dire que je suis un nanti sans
Que je ne donne que ce rien, les laissant sans joie
Alors faut-il que ma bonté ne soit plus celle….
L’économie qui nous vole n’est qu’empreinte
Pour nous laisser croire leur probité ç donner

Je sais tant et tant sont généreux, tentation !
Que de leurs ors ils puissent faire
Publicité pour faire fructifier leurs affaires
On les adule, ils donnent sans s’en faire
Leurs milliards sont pactole d’aurifère
Paradis dorés dont ils ne savent que faire
Et offrent en leur obole un sou de misère
Généreux sont-ils je suis malheureux des illusions

Généreux sont-ils ceux qui par peur
De l’au-delà imaginé par des gueux
Mendiants de tous ces pouvoirs religieux
Donnent d’un air se voulant désavantageux
Ce qu’ils ne voudraient donner orgueilleux
Leur générosité bafoue l’amour de leur Dieu
Mais elle n’est main de Dieu, ni rachat de leur frayeur

Tant de pays sont miséreux, je ne suis généreux
Mais leurs gouvernants croulent d’égoïsme
Sous le poids de leurs biens élevés au paroxysme
De l’indifférence vis-à-vis de leur peuple laxiste
O que mal acquis, et on me demande d’être autiste
De ces dérives, pour que je reste attentiste
Quand ma générosité ne veut plus se faire voler

Où sont passées les dons des mains tendues
Devant toutes ces catastrophes dont ils ne reparlent plus
Car la misère, enterre les derniers bonheurs crus
Dites nous hommes de foi, de non foi, tout s’est tu
Mais pourquoi, votre générosité a-t-elle était un abus
Celui du vol de notre confiance, serions nous farfelus?
Alors pourquoi serai-je généreux de mes tous petits sous

On n’a plus d’orgueil, car nous n’avons plus de désirs
Quand l’état offre aide pour demain reconstruire
Un édifice, pensent-ils à ceux qui vont mourir
Car la faim, la soif les fait chaque jour souffrir
Etat généreux, pour le faste, quand se profile L’avenir
Du maudit de ces femmes, hommes, enfants sans sourire
Le monde marche à l’envers, générosité nous sommes fous

Générosité pourras- tu un jour sauver les hommes
Avant de vouloir, sauver toutes ces pierres atones
Ont-elles plus de valeur qu’une vie qui résonne
Dans le fond des famines, des misères qui ne chôment
Je sais tu voudrais voir dans les plaines que chantonnent
Le bonheur, la joie, l’amour de vivre de tous les hommes
Alors demande à chacun de n’être hypocrite à ce dogme

Que générosité soit; celle du vrai don
Qui profite à juste intercession
Générosité
Je ne veux être poltron.