MIGUEL HERNANDEZ


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MIGUEL HERNANDEZ

 

C’est du sang, pas de la grêle, 
ce qui fouette mes tempes.
Ce sont deux années de sang : 
ce sont deux inondations.
Sang d’acte solaire, 
tu viens dévorante,
jusqu’à laisser déserts 
et étranglés les balcons

Sang, qui est le plus précieux 
de tous les biens précieux.
Sang, qui thésaurisait 
pour l’amour ses dons.
Regardez-le troubler les mers, 
faire sauter les trains
décourageant les taureaux 
là où il encouragea les lions.

Le temps est sang. Le temps 
circule dans mes veines.
Et face à l’horloge et au temps 
je me sens plus que blessé,
et j’entends une collision de sangs 
de toutes les dimensions.

Sang dans lequel la mort 
peut à peine se baigner :
éclat émouvant 
qui n’a point pâli,
parce que l’ont recueilli 
mes yeux millénaires.

Miguel Hernandez

Traduction Jean-Marc Undriener

http://www.fibrillations.net/Miguel-Hernandez-Quelques-poemes

 

https://journals.openedition.org/babel/1061?lang=es

A LLORONA ( la pleureuse) Chavela Vargas


A LLORONA ( la pleureuse)

Tous me disent  que c’ est noir, Llorona

Noir mais affectueux.

Tous me disent  que c’ est noir, Llorona

Noir mais affectueux.

Je suis comme le Chili vert, Llorona

Piquant mais savoureux.

Je suis comme le Chili vert, Llorona

Piquant mais savoureux.

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

emmène moi à la rivière

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

emmène moi à la rivière

couvre-moi avec ton poncho, Llorona

Parce que je me meurs de froid

couvre-moi avec ton poncho, Llorona

Parce que je me meurs de  froid

Je ne sais pas ce qu’ont les fleurs, Llorona

les fleurs du cimetière.

Je ne sais pas ce qu’ont les fleurs, Llorona

les fleurs du cimetière

quand elles sont déplacées par le vent,Llorona

il paraît qu’elles pleurent.

quand elles sont déplacées par le vent,Llorona

il paraît qu’elles pleurent.

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

emmène moi à la rivière

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

emmène moi à la rivière

couvre-moi avec ton poncho, Llorona

Parce que je me meurs de froid

couvre-moi avec ton poncho,  Llorona

Parce que je me meurs de  froid

La lune est une femme, Llorona

ET c’est pourquoi le soleil d’Espagne

La lune est une femme, Llorona

ET c’est pourquoi le soleil d’Espagne

marche et boit dans les montagnes,Llorona

Parce que la lune ne trompe pas

marche et boit dans les montagnes,Llorona

Parce que la lune ne trompe pas

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

De la campagne

pauvre de moi, Llorona, Llorona, Llorona

De la campagne

Celui qui ne connait pas l’amour, Llorona

il ne sait pas ce qu’est le martyre

Celui qui ne connait pas l’amour, Llorona

 il ne sait pas ce qu’est le martyre

je te rêvais endormie, Llorona

endormie tu étais calme

je te rêvais endormie, Llorona

endormie tu étais calme

mais quand arriva l’oubli, Llorona

j’ai rêvé que tu étais éveillée

mais quand arriva l’oubli, Llorona

j’ai rêvé que tu étais éveillée

Si parce que je te veux, tu me veux,Llorona

tu Veux plus que je te veux  

Si parce que je te veux, tu me veux,Llorona

tu Veux plus que je te veux 

Si je t’ai déjà donné la vie, Llorona

Que veux tu de plus

Si je t’ai déjà donné la vie, Llorona

Que veux tu de plus…..

 

A TRAVERS LES CLOISONNEMENTS


Huilesur toile H: 115   L:72,5 Paris, Musée d'Orsay

A TRAVERS LES CLOISONNEMENTS

 

Le souffle de ton existence

passe constamment

à travers les trous de cette dentelle de pierre

Ton empreinte est aux marques de ma pensée

Amollissant la dureté du marbre par la veine de ton pouls

nimbée d’une éternelle blancheur

bleutée

Tu passes couleur papillon

tendue entre le temps enfui et le jour né

sans que le bois des branches craque sous les pas du vent

et que la tige sépare la fleur

du mouvement du lotus

Furtive

évanescente

résonnante

vibrante

d’un  certain silence

que les oiseaux gardent

en remuant les ailes d’un mouvement de plume trempée dans l’encrier de ta bouche où se retressent les vocales de ta voix. Chant d’amour ceint par le fleuve où tes seins saules pleurent gonflés d’espoir

La corde lime le bois du cithare

tu passes et repasses

éclose

sur le balcon en transperçant le moucharabieh

Niala-Loisobleu

2 Avril 2018