ARBRES 1, 2, 3


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ARBRES I

Du monde confus, opaque des ossements et des graines ils s’arrachent avec patience

afin d’être chaque année plus criblés d’air

ARBRES II

D’une yeuse à l’autre si l’œil erre

il est conduit par de tremblants dédales

par des essaims d’étincelles et d’ombres

vers une grotte à peine plus profonde

Peut-être maintenant qu’il n’y a plus de stèle n’y a-t-il plus d’absence ni d’oubli

ARBRES III

Arbres, travailleurs tenaces ajourant peu à peu la terre

Ainsi le cœur endurant peut-être, purifie

Je garderai dans mon regard

comme une rougeur plutôt de couchant que d’aube qui est appel non pas au jour mais à la nuit flamme qui se voudrait cachée par la nuit

J’aurai cette marque sur moi de la nostalgie de la nuit quand même la traverserais-je avec une serpe de lait

Il y aura toujours dans mon œil cependant une invisible rose de regret comme quand au-dessus d’un lac a passé l’ombre d’un oiseau

Et des nuages très haut dans l’air bleu qui sont des boucles de glace

la buée de la voix

que l’on écoute à jamais tue

 

Philippe Jacottet

6 réflexions sur “ARBRES 1, 2, 3

  1. Les caprices de l’informatique auxquels mon ignorance est jointe…sans que cela me procure de la peine…ont fait que les ARBRES 1 ET 2, ont été maltraites dans la mise en page…ceci bien sûr sans que je le veuille…c’est dommage, mais il est aussi fort possible que WP pas toujours clair, y soit pour quelque chose…je laisse comme tu m’as passé le tuyau, Barbara, pour la honte à eux…je me rattraperais pour ne pas abîmer Philippe Jacottet que j’approche grâce à Toi.

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  2. Ils tiennent la vie en haleine…

    A MA PREMIERE VUE

    Je reste dans la perspective du réveil, non pas sortir de cette teneur d’illusion qui fait une réalité à partir d’une basse d’envol avérée

    J’ai vu dans le froid du soleil retiré, denser par la chaleur d’une pensée à qui j’ai donné un nom, sans recevoir de non en réponse

    Si je savais comment d’où je viens réellement, je m’aurais accepté cartésien, peut-être, mais voilà, je rêve aussitôt après être sorti de ma nuit, tant qu’à choisir pourquoi aller vers le pire, le bon du bonnet, le bon du bonnet, me répète en boucle le tunnel du métro matinal de mon adolescence. Je le prenais à Pyramides, c’est de là que j’ai des siècles qui contemplent…

    Ce qui vient de l’amour tant ça humanise la barbarie terrestre que ça incline à panser positif

    Et puis j’ai soif de ses seins dès le réveil, pas un enfant ne se méprend sur ce signe…

    Niala-Loisobleu – 10 Février 2018

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