DE LA GRANDEUR DU VIDE


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DE LA GRANDEUR DU VIDE

En pile ou en détails, comme des bras co-liés, dans le ruban par lequel les mots à la suite se bloquent, alors que glisse la clef qui garde le t’aime  huilé. La rose-jaune tourne aux contorsions des alyscamps qui balancent entre-deux zoos. J’ai vu revenir Vincent d’un enfermement glacial. Ma tête folle s’est jetée sur la paille de la chaise pour s’enfoncer l’oreille de Paul au fondement du crime, en arriver à cet extrême ramène insupportablement au coeur de l’ordinaire quotidien. Ses salades composées mises en avant à tous les repas. Bel animal sauvage que la cage matte aux cris. Un reste d’odeur fauve exhale de temps à autre l’idée qu’on en a gardé ou l’image qu’on s’en fait. La notice donnant deux options d’emploi selon la conviction et le doute qu’on peut avoir de soi, par devant nos taires ou par derrière l’église. La voix geint et rit, attendant la preuve que seul l’écho porte en lui mieux que la part du pauvre. Des cailloux, voilà c’est ça, il faut trouver  le moyen de faire la part entre ceux qu’on a posé et ceux que l’on a reçu. Et puis s’enhardir à en semer de nouveau. L’amour quand il danse sur le fil rouge a le flou de la vapeur et la fascination de l’arbre en fleurs déminé du serpent. Que conclure de l’absence ? A moins de revenir au début trier le faux du vrai, le vide en grandissant n’éclaire qu’en clair-obscur, l’essentiel en a toujours été en pleine lumière. Lueur des bougies, sur la blancheur où les ombres grandissent en fondant. Les regrets ça ne fait que faire reculer plus avant. Nous voici vers la fin de l’hiver, le pont du printemps est déjà en vue, comment sera la rivière à l’embarcadère pour l’autre bout de la nuit ? Quelque soit la situation, l’herbe tremble toujours de la même émotion végétale. Peut-être devrais-je entendre avec mon oeil qui habite l’inconnu, en remontant l’aqueux que la vague fait aller-et-venir, mais il me paraît bien moins hasardeux de faire confiance à mon intuition. T’as du nez Coco, renifle dans ton cartable…

Niala-Loisobleu – 7 Février 2018

CE TISON LA DISTANCE par Jacques Dupin et mon Grain de S’Elle


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CE TISON LA DISTANCE

par Jacques Dupin

et mon Grain de S’Elle

Et le paysage s’ordonne autour d’un mot lancé à la légère et qui reviendra chargé d’ombre.

Au rebours des laves, notre encre s’aère, s’irise, prend conscience, devient translucide et brûlante, à mesure qu’elle gravit la pente du volcan.

Celui qui simule est agile, est inerte. Le cœur n’a qu une pointe et tourné vers la terre. S’il ressasse son en, il se change en cactus.

L’irruption de la nudité, visible par grand vent, ne supporte que le vide et sa ponctuation meurtrière.

Dévore tes enfants avant qu’ils ne creusent ta fosse, c’est-à-dire sans perdre une nuit.

Des grands oiseaux blessés dans le soir insipide, l’inscription, la douleur s’effacent. Le ciel s’agrandit comme une rumeur, et se laisse franchir.

Hors de la tempête, je dors mal. Ce n’est pas moi, c’est la terre qui dramatise. Un couple se détruit, la lumière est en marche.

Il n’y a qu’une femme qui me suive, et elle ne me suit pas. Pendant que ses habits brûlent, immense est la rosée.

Jacques Dupin

 

L’ordonnance et son obligation de la place des vers et du couvert à poisson fait qu’ambidextre mais de préférence gaucher, faut que je remette toujours l’étable du bon côté des curies

Oui, aux laves notre encre luit autrement qu’un cul sale dans un dessous neuf

Grand vent ou pas, la nudité reste plus franche que les mots dits d’une tenue arrangée, bien d’accord cher Jacques, la simulation est inerte

Saturne le grand ogre, m’a montré son menu un jour que Goya m’avait invité à allumer le feu chez lui. Mes enfants me sont restés dans les dents de l’amer

Ô la blessure des grands oiseaux, nulle plaie d’arme blanche ne s’assainit mieux que dans leur jabot, mais sur leur carlingue les croix des cicatrices s’alignent pires qu’en cimetière militaire

Quant à la femme qui me suit, elle n’a pas resté-ni-parti la réponse définitive. La distance n’est rien de kilométrique, je crois qu’il n’y a pas pire que le co-locataire en éloignement…

Niala-Loisobleu – 7 Février 2018