RAMENTEVOIR


RAMENTEVOIR

 

A la tombée des sons, instant où dans les yeux fermés, la poitrine sort ses rondeurs charnues, notes couleur pulpe au grain de figue

palpite l’humide aquarelle à la fourche du saule qui pleure

nous serons la barque à réatteler  nos moulins aux chevaux de la manche, le goémon au prélude, les varechs tirés des marées basses, plein le fardier

A l’escapade l’attente, à l’escapade !

Niala-Loisobleu – 3 Février 2018

 

J’m’ai souviens-dit


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J’m’ai souviens-dit

– En vie de changer le NIL des choses ?

– P’t’être ben, à force de vent se voir derrière, peut porter à réfléchir. Quand c’est la guerre, au fond du trou d’l’ô bu, le merle ictère jaunit la pensée, en s’efforçant de se voir en paix

J’m’ai souviens-dit

c’était y a pas si longtemps, le tant des « Arbres Bleus et des Jardins Soleil»…j’m’en pique un rappel…

A peine levé j’entendis un bruit insolite traverser ma pensée. Non cette fois ce n’était pas la Générale des Eaux qui se rejouait Austerlitz en défonçant la chaussée, tuyau de plomb sabre au clair. Alors les voisins sont absents, c’est donc pas eux qui se crêpent pour un chant de leur chignon. Un petit détail attira soudain mon attention. Dans l’entrée le duffel-coat n’était plus là, à sa place un chapeau de paille sans moufle ni passe-montagne, regardait une paire de sandales posée en dessous d’une chemise à fleurs étalant ses manches bien au-delà du parterre. Des violets pris à bras d’ocres rouges coulaient à plein verts, comme une bacchanale qui se serait sentie soif de changement. Au point qu’en photo l’arbre se fit voir en côté-femme, le tronc à la motte de chez nous. Fendue à point. Même la tapisserie semble délavée, la fenêtre se prend dans le rebord du balcon, tellement pressée de voir la boîte-à-l’être s’ouvrir.

Reconnaissant plus rien au passé, elle lève la tête au présent-futur.

Non je ne rêve pas dit-elle, ça se saurait si j’avais fait entrer une armoire dans le tas de cartons où mes affaires transitent. On me l’aurait dit, si des peintres avaient labouré la cour et repeint la cave en grenier, quand même j’ai conscience d’être chez moi en même temps que je suis sûr d’être prêt à sortir de l’inhabitable.

. J’ai vu passer des gens célèbres en compagnie de petits enfants la mémoire grande ouverte. J’ai entendu une très forte émotion ébranler l’escalier en montant dans le train qui me ramenait de la mer, où je laissais la cabane au ponton des voiles qui se lèveraient sur un nouveau cap. J’ai senti que les mauvaises odeurs de friture du poste se mettaient à bronzer sous un vent chargé d’iode. Puis par transparence, sans qu’elle s’ouvre, la grande porte m’a montré des étendues de campagne douces, si protectrices avec leurs arbres forts, que ma main s’est posée sur la béquille, un pied a suivi l’autre, je suis passé de l’autre côté de mes peurs.

Toute la nature est prise dune frénésie si calme, que je me sens porté par un printemps magique. Me voici devant mes « Arbres Bleus et mes Jardins Soleil ».

Mon Pt’tit-Gars, comme à peindre je peux vivre sans m’inventer de faux-prétextes, c’est si beau l’Univers vu d’en haut!

Bien mal à quai ne profite jamais.

Plutôt que les oh de hurle-vent qui sinistrosent les futaies, en cassant les bras des arbres qui ne demandaient qu’à bien faire, j’ai choisi l’ache pour me dire céleri qui met la peau au feu. Et d’un mouvement de largage, la grand-voile, a poussé plus loin que le nez du vague , le sommet de la hune en ordonnant à l’édito de se réduire la grosseur de l’horreur en titre.

Quoi qu’il arrive, après que j’aurai mourri, je m’endormirai plus tranquille d’avoir d’un autre bleu nouveau, repeint le ciel. Je refais à zéro le site niala-galeries.com et ouvre chantier  à partir de l’adresse zoizobleu@gmail.com.

Niala-Loisobleu – 3 Février 2018

 

Température ambiante


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Température ambiante

Le chant de la péniche à l’arrêt a fait sortir les canards de l’abri des arbres à demi-noyés dans la masse débordante.

Ils étaient deux ce matin et à peine les aurait-on reconnu dans cette grisaille dominante. Leur nage maladroite de timidité paraissait pataude par manque de ce qui moule le ber aux vertèbres de la charpente

Les coups de frappe des chantiers vains qu’échafaudent-ils donc hormis l’absence du sacré au lieu saint ? Faire signer le vitrail par le grand peintre dépend immanquablement de la luminosité externe, pas du prix de la signature.

Rien attendre du message-automatic – système  méconnaissant l’absorption de  la douleur dans un traitement ne serait-ce que thérapeutique au 1er degré – tombe sous le sens que ça convienne ou non à sa règle.

De cet onguent vulveux, colonisant le libre-échange, le dru du poil bridé englue de jaune marécageux

où les palmes en plongeant leurs nattes

dans la racine d’oedèmes de poitrine riveraines, mettent les seins aux ballants des hamacs pour nourrir la mangrove.

Aux fièvres qui rament des phalanges ouvrières la marée rechargée ne pourra pas empêcher le naufrage de la cabane

L’improbable

le supputé

l’égarement

le mauvais sort

l’affirment dans tous les cas de figures

Le paysage naturel est à base de remontées  du désastre

secrétant des émergences calcaires se couvrant de flore dans une manifestation faune.

Mettez

trois poignets de celle

une pincée de luit

au sein du mortier

puis du pilon godillez jusqu’à ce que vous atteignez l’autre rive

et liez des lèvres

aux isthmes des langues lagune.

Mais uniquement si vous êtes con à croire à l’estran-gardien du signe de vie.

Alors, alors, dès lors avant l’hors

fermez l’entrée des vers et bouchez les fosses peurs.

La pierre verticale

ne se veut point tombale

que phallique comme le totem

où l’initiale danse souda les corps…

Niala-Loisobleu – 3 Février 2018