Luz Casal: Los eres todo para mi


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Luz Casal: Los eres todo para mi

Tu es tout
Chaque fois que je vois ta photo
Je découvre quelque chose de nouveau
Que je n’ai pas vu avant
Et ça me fait sentir ce que je n’ai jamais cru

Je t’ai toujours regardé indifféremment
Tu n’étais qu’un ami
Et tout à coup tu es tout, tout pour moi
Mon début et ma fin

Mon nord et mon guide, ma perte
Mon succès et ma chance, mon erreur
Tu es ma mort et ma résurrection
Tu es mon souffle et mon agonie
Nuit et jour
Je te demande s’il te plait
Que tu me donnes ton entreprise
De nuit et de jour, vous êtes tout

Donne-moi ta joie, ta bonne humeur
Donne moi ta mélancolie
Votre chagrin et votre douleur
Donnez-moi votre arôme, donnez-moi votre saveur
Donne-moi ton monde intérieur
Donnez-moi votre sourire et votre chaleur
Donne-moi la mort et la vie
Votre rhume et votre ardeur
Donne-moi ton calme, donne-moi ta fureur
Donnez-moi votre rancune cachée

6 réflexions sur “Luz Casal: Los eres todo para mi

  1. Le jour à faire, Barbara.

    Ce n’est pas moi
    Qui fermerai,

    Pas moi qui crierai
    Pour la fermeture.

    C’est qu’on me fermera.

    La lavande

    Est passée dans l’air,

    Voulait rester.

    Ici

    L’air est coupant

    Comme ce qui sera
    Pour la fin de tes jours.

    *

    Ciel bleu, ciel grand,
    Te regardant,

    Je suis bien
    Lorsque je suis toi,

    De mon vivant.

    Je m’étais endormi

    Dans les destins de l’herbe.

    Je n’en avais plus.

    C’est aujourd’hui, j’avais seize ans,
    Que tu es mince et blanche sur ton lit, Étendue au milieu des couronnes de perles.

    C’est aujourd’hui que j’ai,
    Pour vivre, ton amour.

    Pâlotte fleur,
    Ce qu’il en reste.

    Le vent, la pluie,
    Si peu d’égards.

    Le pigeon qui venait
    Mourir auprès de toi,

    Qui mourait dans l’espace
    Où tu devras mourir.

    Je t’écoute, prunier.

    Dis-moi ce que tu sais
    Du terme qui déjà
    Vient se figer en toi.

    Si cela pouvait être
    Aussi satisfaisant,
    Aussi doux que laisser
    Le sommeil me contraindre,

    Cependant que j’aurais
    Conscience encore un peu
    D’aider l’envahisseur

    Vers l’îlot qui sera
    Le dernier à livrer.

    Il faudrait accepter

    Pas la mort,
    Mais la mienne.

    L’autre temps,

    Celui-là qui n’est pas au présent,

    Tournait autour de moi
    Sa gueule qui a faim.

    Du moins je n’aurai pas
    A me connaître alors,

    Pas à me voir cadavre.

    J’ai possédé parfois
    Le volume et la courbe,

    La vôtre avec la mienne,

    Et j’ai tout enfermé
    Dans la sphère qui dure,

    Qui pourrait durer plus
    Si je n’y mettais fin
    Pour encore essayer.

    Si elle avait voulu

    Tout autant de moi
    Que je voulais d’elle,
    Ma terre,

    Il n’y aurait pas eu

    De terme à notre amour.

    Au bord le plus souvent
    De quelque chose de géant
    Qui m’en voudrait.

    Parfois après l’à-pic
    Et parfois de plain-pied,

    Quelque chose de clos
    De hérissé, de lourd,
    Qui serait là.

    Un poème peut-être
    Ou la fin de mes jours.

    Parce qu’il y a terme
    A ces jours devant toi,

    Que d’aller vers ce terme
    Fait par-dessous tes jours
    Un creux qui les éclaire,

    Tu as le goût

    De ces rapports qui sont de joie

    Avec les murs et le rosier.

    Le voyage était là, partout,
    Le voyage était de toujours.

    La profondeur environnait,
    Parfois s’ouvrait.

    Hasardeuses, Étaient les étapes,

    Le but gardé
    Comme un secret.

    M’endormant chaque soir
    En me voyant gratter
    Ce côté-ci de la surface.

    *

    Toute une vie
    Avec un terme

    Comme un loyer,
    Comme un trimestre,

    Dont meurt un pin,
    Dont meurt un homme.

    Toute une vie
    Pour faire en sorte

    Qu’il ne soit pas,
    Qu’il soit passé.

    Qu’elle soit longue, au moins,
    Cette vie qu’il faut vivre.

    Car difficile
    Est la leçon.

    *

    Si quelque chose pour la fin
    Veut se garder,
    Comment savoir?

    Et s’il n’y avait pas

    De grand dernier moment?

    Si la fin

    N’avait pas de bord?

    Si tout s’abandonnait
    Avant d’arriver là
    Ou si c’était soudain?

    Tu ne t’es pas pour rien Écartelé au long des jours
    Sur toutes les courbes.

    Tu en as ramené

    Ce gibier tremblotant

    Que tu tiens pour donner.

    Quand je ne serai plus,

    Les rochers porteront

    Plus lourd qu’ils n’ont porté,

    Le jour tâtonnera

    Plus inquiet vers la mer.

    Peut-être que l’abeille
    Volera tout pareil,

    Mais les fleurs recevront
    En amie la rosée.

    La boue des chemins creux
    N’attendra plus autant,

    La carrière craindra
    Un peu plus de midi.

    Il manquera ce lien

    Entre tous ceux qui pèsent.

    Je ne remplirai plus

    Les gouffres qui voudront

    Se remplir avec vous.

    Vous m’accuserez tous
    De ne plus être là.

    Si ce sera monter
    Vers le point terminal,
    Si ce sera descendre,

    La question
    Restera posée.

    Et c’est peut-être encore
    Accorder trop de sens

    A ce qui peut
    N’en pas avoir,

    Ennoblir
    De l’horreur.

    Et pourtant comme si

    Ce que je dis ici,

    Ce que je cherche à dire

    N’avait rien de commun

    Avec ce qui sera

    Le terme de mes jours,

    La fin définitive
    D’une vie qui vivait,

    Cette inimaginable fin
    D’une épopée
    Dans le plus rien.

    Car tout ce que je touche
    Tourne autour
    Sans toucher.

    Eugène Guillevic

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