D’E’mois passés l’un au-dessous sur l’Autre


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D’E’mois passés

l’un au-dessous sur l’Autre

En file sur douze rangs l’humeur incontrôlable comme une déraison climatique passant de l’habit de soirée aux guenilles les plus tues d’une décadence bâillonnée, combien fus-je les mois écoulés, malmené malgré moi par des ouragans soudainement glissés dans une mer d’huile ? Oh, je ne partîmes qu’Un, arrivant en somme plus à me poser la question de savoir où nous sommes réellement…Les vents tournent plus vite que jadis. A croire, un comble pour l’agnostique que je suis, que le dieu Eole est entré derviche aux coups d’vents. Je m’attrape par un bout les jours où ça dépasse, mais le temps de trouver à m’amarrer la rivière a déjà passè l’estuaire. Foutre, comment enfanter, toute la matière à concevoir se barre à côté de la matrice. Merde, t’as-t’y un rouleau des suis toow ? Des phases entières de son existence disparaissent sans avoir eu le temps d’entrer dans la table des matières. Emmuré dans des célébrations du bluff, ça va jusqu’à ne plus pouvoir lever le doigt. D’un coup d’oeil impitoyable ta maîtresse  t’a cramé. Par où je vais passer le premier…qui le dira aura une tapette.

…Attendre, pour voir…(coi, ça m’étonnerait)

Attendre

par Blanchemain Dominique
 

Se dresser dormeur en forme de feuille jetée
Lorsque s’effeuillent nos coeurs jaunis

Attendre

Se lever débiteur borgne du temps abîmé
Dans l’écueil des peurs difformes
Où séjournent les restes d’espoirs

Attendre

Attendre que les fleurs s’envolassent
Du sombre lit de pierre maudit
Où s’enlacent les moires désirs

Attendre

 

Voilà à quoi l’humanité est réduite. Surtout ceux d’entre elle qui dorment sur les trottoirs. Leur cadeau de ce soir ? Ben la chance de ne pas avoir d’émetteur-récepteur de voeux présidentiels.

Niala-Loisobleu – 31 Décembre 2017

4 réflexions sur “D’E’mois passés l’un au-dessous sur l’Autre

  1. Temps, traces

          Là commence le monde : semence
          et lave durcie, pluie et boue,
          présage, perdition, remuement du rien
          que le sable égrène.
          Là commence le temps,
          en cette feuille étonnée de renaître,
          lentement se déplie son dessein.
    
           Temps, nom exact des saisons
           qui érigent en nous leur demeure,
           – là où tout s'arrête, tu passes,
           et chaque chose irriguée par tes remous
           prend son humble et fragile mesure.
    
           Quand tu ne souffles pas, tu souffles
           racines et bourgeons, engendres une terre
           aussitôt dissoute.
    
           Sous le ciel sombre et inatteignable,
           tu avances sur tes propres traces.
           De quel vertige combles-tu mon âme?
           À quel feu nourris-tu
           l'élan même qui te détruit?
    
           Quand la lumière épuise l'aube qu'elle gravit,
           tu poursuis l'inlassable tâche
           de rendre le monde à sa paisible agonie,
           et toute vérité inaccomplie loge en toi,
           comme une destinée, semailles et poussière.
    
           D'abord l'air, la flamme meurtrie –
           puis la douloureuse obstination
           du vivant parmi la houle.
    
           Où conduis-tu? Vers quel rivage
           sans borne, sans mesure,
           en quel recommencement
           portes-tu un à un mes pas,
           ouvrant l'ultime brèche
           au cœur du passage ?
    
           Tandis qu'en moi, pareils à des arbres froids,
           les âges s'inclinent,
           je regarde ce que promettent les marées
           en ces voyages de migrantes,
           – épaves, désirs, c'est encore le temps
           qui bouge ce qu'il touche.
    
           Le gong résonne.
           Déjà le temps se retourne
           et célèbre en son mouvement
           l'imperfection de toutes choses :
           arête, fracture, entaille.
           Mais aussi l'infime tremblement
           au bord de la nuit, – ferveur
           où l'on se reconnaît.
    
           Ferveur de l'argile et de la pierre,
            – fragments du temps
           qui taraudent la traversée.
    
           Nous descendons, rasant les feuillages,
           incertains d'avoir soulevé un peu de terre,
           et d'être, en cet élan, au plus près
           de nous-mêmes. Nous descendons,
           comme descend le jour, ou le fleuve.
    
           Ce qui naît demande à mourir.
           La flèche ira rejoindre la cible ;
           je n'aurai rien perdu, rien possédé.
    
           Autour de l'axe de la vie, le temps
           s'enroule. Et s'enroulant, renoue
           avec son mystère.
    
           Sans trêve, souffle racines et bourgeons.
    
          Hélène Dorion
    
           in Autour du temps, Anthologie de poètes québécois contemporains éditions du Noroît      999,       p.73/74/75
    

    Merci Douce et Simple Année comme un jour qu’on garde le m’aime.
    Merci Madame lit.

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