A la Belle Transhumance 3 (suivi de Nanderuvuvu)


A la Belle Transhumance 3

(suivi de Nanderuvuvu)

 

Paris-novembre-1997-avec-vue-sur-les-jardins-du-Palais-Royal

Nanderuvuvu

Familiers du

Déluge

nous sommes quelques-uns

je dis quelques milliards

sous nos chamarrures

(le jaune
Chenille

l’or
Scarabée le noir
Capricorne)

à faire trembler le globe dans nos os.

«
Si tu es
MALENFUNC qui se retourne dans son sommeil et chaque fois secoue le sol en attendant d’écraser le ciel, moi je suis
AUREPIK, le fils qui un certain jour, aussi sec vous mangera.

«
KAREÏ voleur de paradis fera de même

il est notre petit frère

et lui aussi lui surtout nanderuvuvu

que l’on n’aperçoit qu’en rêve

(la
Terre qui a honte

d’avoir dévoré tant de monde

implore son pardon).

«
Insectes-rois

insectes-dieux

couronnés de piques

de plantes vénéneuses

nous avons frappé frappé frappé.

Nos pattes palmées

martelaient la boue

pour en faire issir la moisson des vers

gracieux et fous porteurs de têtes

qui dansent éclairées du dedans.

«
Nourris de notre descendance barbouillés d’ocre et de craie de suie, de sang séché brandissant nos élytres nos rameaux nos sagaies nous avons dansé dansé
dansé la danse du
Sexe et du
Mourir.

«
Fils de moi-même enfin seul

interminable insecte

éphémère immortel

toujours tué et engendré

par
Celui qui se dresse entre mes jambes

je fertilise j’enlise

j’ensalive j’ensevelis

et je délivre

familier du
Déluge. »

Jean Tardieu

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Mais voilà

ras

nia

nia

Justice est fête, moi Jean d’Ormesson devenu Crayon, j’illumine, règle le veut, la docte ignorance  de mes yeux bleus  !

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2017

 

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L’Anti-Tabac ou le Passage du Tropique du Cancer


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L’Anti-Tabac

ou le

Passage du Tropique du Cancer

Retourné taire

les vaches

le plantoir des doigts

s’est cassé la pointe de l’ongle isocèle

Au déjanté des canyons de Lozère

le soleil des hippies déverse en trombes

la moue et le guère

sur ses ruines d’égalité des sexes

Le jour de Noé

ça craint d’amour

chantent les ânéés 60

attelées à la noria

Carmen  s’allume le feu sur la cuisse

avec la queue et les deux oreilles de Don José

châtré comme il se droit par la justice immanente

du droit de citer « Libérez-moi »

Non mais « Fillette ce que tu te goures »

y en a marre

ni pute ni soumise

je veux chanter à Montmartre le seoir !

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2017