CROIRE EN CORPS


Soul of a Bird_Caroline Jamhour aka Lua Turquesa_painting

CROIRE EN CORPS

Le jour traîne à se lever, trop écrasé qu’il est dans la grisaille. Les premiers jours de Juillet sont couleur Novembre et la température oblige à rallumer les radiateurs. La cabane est à marée, la pluie la mise en flottaison. Il y a une absence dans le mouvement de la nature, le grand chêne qui borde la terrasse est en crise de voix des pigeons, plus loin le coucou matinal ne provoque personne. A croire que la pluie devient eau lourde. J’sais pas, sauf pour le dernier mot, il n’y a pas de miracle à en attendre. La météo dit que que dans les prochaines 24h on va passer de 20 à 32°. Alors on fermera le chauffage et on allumera la clim.

Les petites allées du bois sont des éponges. Gavées d’eau, elles n’avalent plus les flaques. Les arbustes reniflent et toute la végétation toussote, top d’humidité ramène les problèmes respiratoires à se nourrir de kleenex. La colonie de papillons qui loge dans mon lilas d’Espagne virevolte moins légèrement. Les jaunes et les bleus ont un lest d’eau à sortir de leurs ailes. Obligé de rester dedans, fait remplir les heures de pensées liées au mouvement statique. Que les faits du quotidien alimentent  sans efforts. La vie est à l’amarre dans une baie où la mort monte en surface. Exprimant par des événements sa tristesse par un sentiment affectif profond, ou terrifiant par sa dramaturgie avec l’inconséquence humaine mise dans ses démonstrations de barbarie pendant qu’on s »ébaudie sur les rapprochements des trains à grande vitesse (gouffre sans fond d’une situation sans le sou qui devra payer quoi qu’il arrive) L’algorithme y pourvoira un plus.

Tout le week-end, je n’ai pu sortir de mon quartier d’enfance. Allant, par les petites rues délaissant les boulevards St-Germain et St-Michel rejoindre le Panthéon. La voix d’outre-tombe d’André Malraux installée dans les kiosques à musique du limonaire Jardin du Luxembourg. L’éternel vivant des Grands-Hommes, couvre le morbide de leur société. Je ne fréquente les cimetières qu’en absence de chrysanthème conventionnel. Farfadet que je suis des lieux de pierres où l’esprit séparé du corps joue constamment en surface. Les traboules des passages d’occupation barbare, sont à mon passage clandestin, d’un grand secours. Jean Moulin tu es à mes yeux le plus proche parent de Simone Veil. Vous avez fait une exceptionnelle opposition à l’aliénation physique et mentale de l’être humain. Vous êtes du même temps dans un semblable tant. Voilà ce qui guidaient mes pas dans les rues de mon Paname ce Dimanche.

En rentant Camus m’attendait pour un dernier verre avec Char. Veillée du vivant avec la mort vue d’une autre manière que celle de rester passif à l’attendre tout en l’ayant jamais sortie de son vivant.

Niala-Loisobleu – 3 Juillet 2017

 

9 réflexions sur “CROIRE EN CORPS

  1. L’installation de la platitude à des effets contraires chez certains. Tu en es, tout comme moi. L’effet de séparation du futile et de l’important s’accentue. C’est la séparation indiscutable des deux moitiés de la bouteille. PuisUe nous avons l’outre pour Nous Nous traverserons le désert Martine !❤️

    J'aime

  2. Ce matin le vent fait trembler mes ailes, un vent qui vient du nord, tout chargé des pluies qui empèsent tes papillons.mais le soleil tente une timide saillie au milieu d’un édredon de nuages. je vais remettre un pull, on est quand même le 3 juillet…🦋
    ¸¸.•¨• ☆

    J'aime

    • Et le papillon ne doit surtout pas prendre froid. L’humide lui est indispensable, pas la glace. Je crois de plus que ce qui définit le partage, reste à la base de sa définition d’avant le web.. les milliards d’astronautes ne voient rien en dehors d’eux mêmes. C’est l’invention la plus narcissique qui soit. Aussi en écrivant chaque jour ai-je pleinement conscience de jeter dans le vide. De quoi apprécier ton goût d’herbe sale à point et les marques du mouvement qui te rend référence ma Celestine ❤️🦋❤️

      J'aime

  3. Non ne crois pas cela. Tu ne jettes pas dans le vide…Mais tu écris tellement que parfois j’ai l’impression d’un grand vol d’oiseaux bleus et je ne sais plus où donner de la plume…
    ¸¸.•¨• ¸¸.•¨• ☆ 🦋

    J'aime

    • Quelques remontées des frissons dorsaux propres à la dune, qu’une sensibilité commune à la mienne partage intégralement, m’amènent à croire. Tant que le besoin en devient impérieux. Vivre que du seul usage du factice n’a rien pour moi de justifiable. Je ne crois pas aux sons sans vibrations, pas plus qu’aux mots en place des actes. Ce monde est une douleur faite par des lâches prétendant s’engager. Quelle imposture, Quand on veut on n’en parle pas s’en avoir commencer par faire. Je crois et veux croire par-dessus les fausses promesses qui m’ont été faites par réflexe et non par engagement. Le cinéma de la toile est un champ de bataille pour les jean-foutre. Célestine à ta plume flotte un m’aime mobile, tu es au vide le dehors que j’écarte. Sensible à repousser, j’ai jamais pu m’en faire l’habitude. A poil sans honte et pudique, j’aime d’en vie. Une simple odeur du soir, restée d’un matin que je poursuis, l’oreille entre les seins du vent marin descendu de la montagne dans le sec. Ton humide palpitant ma plume.

      J'aime

Vos commentaires seront toujours les bienvenus

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s