LA MORPHOLOGIE DE LA METAMORPHOSE


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LA MORPHOLOGIE DE LA METAMORPHOSE

C’est avec une flûte

c’est avec le flux fluet de la flûte

que le fou oui c’est avec un fouet mou

que le fou foule et affole la mort de

La mort de la mort de

c’est l’eau c’est l’or c’est l’orge

c’est l’orgie des os

c’est l’orgie des os dans la fosse molle

où les morts flous flottent dessus

comme des flots

Le fou est ce faux phosphore qui coule

phosphore qui cloue la peau du feu

aux eaux aux flots de la porte

alors que la mort de la mort

de la mort morte et folle

n’est que le lot le logis de la faute

qui fausse la logique de loup doux

de la forme

de la forme en forme de mot en forme de mort

en forme de phosphore mort

qui flotte au-dessus de la fausse forme

c’est le loup du faux cette forme

le faux loup qui fait qui ferme

les fausses portes

qui coule sous la fausse faute

et qui fout qui fout qui fouette

la peau d’eau de la mort

La mort la mort morte en faux en forme de flot qui flotte au cou de la forme eau forte et phosphore doux âme molle de l’effort de l’or de l’or mou de l’amorphe

La logique de l’amorphe fouette et foule l’analogie folle elle la fouette dans sa fausse loge qui est en or comme en or comme l’horloge qui orne le logis d’un mort

Mais le mort le mot d’or d’ordre

le mot le mot d’or d’ordre

de la mort de la mort

c’est mordre c’est mordre les bornes de la

forme et fondre son beau four dans le corps de la

femme

Feu mèche et fouet

la femme fourchette le refus du monde

flamme qui monte haut très

très haut et en or

hors de l’horloge très elle se montre

hors de l’horloge des formes très

et hors du mètre

qui ferme et qui borne les ondes

Tache molle aimée et mince mince et mauve sur un faux fond or orange et oblong

La mort longe le mélange des formes

mais le mort le faux mort le mot

le métamort faux

fausse la métamort fausse et amorphe

il fausse la métamorphose de la mort

la morphologie de la mort folle et amorphe

la morphologie longue longue et amorphe

mort folle de la faute

faux fouet de l’effort qui flotte

reflux d’une horloge qui s’écroule et remonte

fausse métamorphose d’une vraie porte en or

et de l’or en faux phosphore

flou comme les flots du cou

et rond comme un mètre long long

comme un mètre de trois mètres blonds

fou qui montre au clou une fausse orange folle

et au loup le faux logis de la flûte

morphologie de la folle de la follement aimée

de la bien-aimée affolante

dans sa peau affolante

la fausse fourchette affolante du phosphore

analogique et c’est ainsi que la mort est bien morte elle est bien morte la mort la mort folle la morphologie de la la morphologie de la métamorphose de

l’orgie la morphologie de la métamorphose de.

Ghérasim Luca

JOUR DE TRAIT


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JOUR DE TRAIT

 

Dans le recul d’une horloge arrêtée on a versé tant de naissances que les malles ont du mal à jouer

Au bord d’une porcelaine un rémouleur affûte un manège

Petit garçon tresse les yeux d’un bord de mer, la voile de son bateau accrochée au mât de cocagne

Sur la vigne des glaçons ont fait l’erreur de devancer la vendange

manque le grain dans le déchiqueté d’un bord d’eau

Comme au sortir d’un cessez-le-feu la clairette sonne comme dis-moi en corps que tu m’aimes..

Hue ma Ria !

Niala-Loisobleu – 27/05/18

HERMÉTIQUEMENT OUVERTE


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HERMÉTIQUEMENT OUVERTE

l’amour le torrent le vide la chaise

la chaise vide

la chaise torrentielle et vide suspendue dans

le métavide la métachaise est suspendue à la corde

torrentielle du métavide la métacorde serre et absorbe le métacou

torrentiel de celui qui est suspendu par la corde au cou de la femme

au cou flou et flottant de sa métafemme vide torrentielle et assise la métafemme torrentielle est assise sur la

chaise assise sur le vide de sa chaise elle métaflotte perpétuellement dans le

métavide absolu de mes désirs absolument torrentiels absolument météorique et substantielle la metatête de la métafemme substantielle

et météorique surgit comme une flèche entre la métacuisse de mes rêves et la

métadent de mes désirs

flèche mordante et rapide

qui s’appuie légèrement penchée

au dossier de la métachaise de mes rêves

et désirs toujours assise toujours imprévisible et

absolument fulgurante la métafemme flotte et métaflotte toujours

dans le vide sa petite métaflamme visible par transparence brûlant à l’intérieur torrentiel de sa tête tandis que tout près de l’incandescence de sa
tête

un peu au-dessus de sa grande chevelure

météorique passe comme un nuage nuage provenu de l’évaporation instantanée de ses vastes torrents mentaux la grande tortue métaphysique la fameuse tortue de la
métatorture éternelle menaçant de sa lourdeur grise tortionnaire

et métamétaphysique le beau physique charnel de la métafemme concrètement assise sur sa métachaise volante volante flottante et assise à son tour sur la chaise
voluptueusement soutenue par

les pieds de mes sens par mes cinq sens par les mille griffes et par les mille pattes de la métasensualité passionnée

tumultueusement surgie dans la métasueur

dans la métasubstance infinie de mes sens

absolument substantiels

les beaux yeux les beaux seins les belles

fesses métaphysiques de la métafemme absolument substantielle substantielle torrentielle et météorique transgressent l’au-delà tortionnaire de la métaphysique sans
physique transgressent et annulent le grand rien

métaphysique car toujours assise sur la métachaise

météorique de mes désirs météoriques infinis et

torrentiels la métafemme ouvre la femme elle ouvre et découvre sa chair translucide ses entrailles transcendantes sa chevelure

transmissible éruptive dévorante et dormante son cœur transpercé par les balles

transparentes de mes caresses en transe sa douce métavulve sa noire métabouche la transplantation innocente de la fleur

de sa bouche dans les terres aériennes de mes cuisses la transmigration de la bouche de son âme vers les cuisses de mon haleine les transferts insolites

les transfusions insondables

la transmutation gigantesque de tous les

métamétaux amoureux météoriques torrentiels métamétéoriques

et substantiels la transmutation gigantesque perpétuelle

et triomphante du lait maternel

en lave météorique en métavide substantiel en sperme en sperme et en métasperme

universel en sperme du diamant en sperme de ton cœur en sperme noir de la métaluxure absolue absolument luxuriante et absolument absolue.

Ghérasim Luca

C’est alors que telle une montagne dressée tu ne fus plus qu’une vaste pleine mâtée

Et dire qu’en ce jour de faîte tu es mère n’est qu’Ut et r’Us d’un absolu consacré.

Niala-Loisobleu – 27/05/18

CLEMATITE L’HERBE AUX GUEUX


CLEMATITE

L’HERBE AUX GUEUX

Sur les ruines

D’un sol ancien,

Nous arrachions à pleines mains

Le papier à fleurs au plâtre des murs

Et démêlions patiemment

Les cheveux de la vierge

Tressés dans le questionnement

D’une nuit qui ment.

Comme il aura fallu veiller

Sur l’enfant que nous étions,

La main à ses mots

À ses buvards, à ses brouillons,

Sa présence envahissante

Et sa ligne s’enroulant à nos corps verticaux.

Nous ne savions pas alors la complicité des trains

Et la dissémination des graines qui voyagent

De gare en gare au fil d’un temps qui fait notre jardin.

Une lignée de mots rares fleuris sur un matin sauvage

Escalade follement le romarin.

La couleur s’exhale et nous l’aimons pour ses silences,

Sa frange de sable froissée aux doigts des saisons.

Pourpre, la patience de la clématite.

Pourpre, le souvenir d’un Nous qui nous habite.

Pourpre notre immobilité merveilleuse

Au secret de tous les herbiers que nous accrochons

Aux murs de briques comme des veilleuses.

Barbara  Auzou

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 Clématite – L’Herbe aux Gueux – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 100×100

 

IL Y A UNE TERRE QUI HALETE DANS LA GORGE


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IL Y A UNE TERRE QUI HALETE

DANS LA GORGE

 

Il y a une terre qui halète dans la gorge,
il y a un bouquet qui embaume la maison.
L’air est solide, le chemin pierreux.
Je cherche l’eau profonde et pavoisée de noir.

J’emplis de terre le crâne, je veux respirer plus haut,
je veux être la poussière de la pierre, le puits verdi de mousse ;
le temps est celui d’un jardin
où l’enfant rencontre les fourmis rouges.

Je vais jusqu’à la fin du mur chercher un nom obscur :
est-ce celui de la nuit proche, est-ce le mien ?

António Ramos Rosa, Le Cycle du cheval suivi de Accords, Éditions Gallimard, Collection Poésie, 1998, page 43. Traduction du portugais par Michel Chandeigne. Préface de Robert Bréchon.

EN Ô DE LA VALLEE


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EN Ô DE LA VALLEE

Et pourquoi je te dirai pas notre amour en plein vent ? Les gens y coupent des fleurs pour les coller là d’habitude. C’est cette foutue manière d’être choqué du bon usage des mots. Ils vivent que pour et par le cul, seulement ils l’emballent dans du papier cadeau ce mot trop cru. Moi les mots croisés, c’est mes bras dans tes cases. Et mes revues c’est nous sur cette Seine d’une rue de vert n’œil qui vient au bord de ta colline te montrer les carreaux de mes tabliers d’écolier. T’as la Scie musicale dans ta vallée.Le sol y loque quand trop de désherbant nitrate le silence. Chut ne me dis pas de me terre. Marre des p’tits zhommes qui font que vers que dalle. Si je meurs tout à l’heure j’auras pas voulu ton absence au moment précis où j’allais te dire qui faut que tu vis. On sait rien de demain, on peut plus faire confiance, prends une autoroute qui te dit que ce sera pas une déviation à la sortie du péage, hein qui te garantit que tes enfants sauront se faire le bonheur que tu leur a toujours voulu, est-ce que tu crois que la mer elle sera toujours mouillée, elle va finir par se dégonfler, dégoûtée comme tous les autres par le contraire du c’qui faudrait et du s’qui pratique, tu crois pas qu’à attendre que ça ciel ça devient de moins en moins bleu ?
Mais tu vois je veux pas que tu ignores jamais mes yeux comme y t’aiment, de cette force qui élimine toutes les autres raisons de vivre, parce que sans ton amour c’est m’aime pas survivre. Alors j’me fous dans ton tiroir à en devenir tout rouge de bonheur. Garde-moi à  clef toute seule. Je garde ce parfum indéfinissable d’un toi plus existant que ce que j’ai touché à portée de main, sans rien sentir.

Oui j’ai la voie de Barbara qui chante ô et fort.

Niala-Loisobleu – 26/05/18